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Reportages

L’ère des drones

Par Simon Coutu - 24/11/2014


Lire le reportage intégral en pdf ici.

Dans un hangar de l’aéroport d’Alma, Marc Moffat, le grand gaillard qui dirige le Centre d’excellence sur les drones (CED), me présente le jouet dont il est le plus fier, le Miskam. Soigneusement astiqué, l’aéronef tout blanc brille comme une voiture neuve. Il peut voler 24 heures sans pilote. Depuis 2012, la société canadienne d’aviation CAE et l’entreprise israélienne Aeronautics le font évoluer au-dessus du lac Saint-Jean dans le cadre d’un projet de recherche sur l’usage des drones dans un contexte civil.

Inspection des complexes hydroélectriques, arpentage de mines à ciel ouvert, opérations de sauvetage en forêt, dénombrement de cheptels de caribous, etc. «On ne soupçonne pas encore toutes les applications que les drones peuvent avoir, s’exclame le directeur Moffat. Notre imagination est la seule limite!» Et celle des grandes compagnies, comme la librairie virtuelle Amazon, l’entreprise de livraison DHL et le fabricant de pizzas Domino, qui viennent d’annoncer – beau coup de marketing – que la livraison de leurs marchandises aux particuliers serait éventuellement assurée par des «paket­­kopters» ou autres plateformes. Ne serait-ce qu’une question de temps avant que des drones qua­drillent effectivement le ciel de nos quartiers? «Ça va arriver, croit fermement M. Moffat, et ça va révolutionner nos vies! Comme le cellulaire l’a fait.»

En attendant, l’innovation technologique n’est pas l’apanage exclusif des multinationales. Parmi les partenaires du CED, le Centre de géomatique du Québec (CGQ) basé à Saguenay, qui possède le statut de centre collégial de transfert de technologie (CCTT), est un pionnier de la recherche sur les applications scientifiques des drones dans la province. Depuis 2006, il travaille à convaincre les entreprises de l’utilité de ces plateformes. Notamment en partenariat avec l’Université de Sherbrooke, il a mis au point un système de surveillance phytosanitaire des cultures de pommes de terre. Le professeur Jérôme Théau utilise un drone équipé d’une caméra infrarouge thermique pour cartographier les champs, identifier les problèmes de croissance et détecter les maladies des plantes. «On voit facilement les plants stressés qui font de la fièvre, comme les humains, dit-il. Les données peuvent ensuite être utilisées pour traiter très précisément certaines parties d’un champ. Ainsi, on réduit à la fois les coûts et la quantité de produits chimiques épandus.»

Biologiste de formation, Jérôme Théau vient aussi de terminer un projet de recherche visant à faire l’inventaire de la faune. Un drone dénombre les cerfs de Virginie sur un territoire donné grâce à une caméra thermique et une caméra traditionnelle. «Aujourd’hui, les inventaires de grands mammifères se font à partir d’un avion ou d’un hélicoptère. Avec un drone, ce serait beaucoup moins cher et moins risqué, affirme le chercheur. Cette technologie pourrait aussi servir à Transport Québec pour identifier chevreuils et orignaux, et prévenir les accidents de la route.»

Le CGQ, l’entreprise Pêcheries Uapan d’Uashat et le Centre d’innovation de l’aquaculture et des pêches du Québec développent aussi sur la Côte-Nord une technologie de drones qui permettra d’évaluer la quantité d’algues des zones côtières et de fournir des données sur leur biomasse algale, une ressource encore très peu exploitée au Québec. «Elle offre un grand potentiel dans le domaine des cosmétiques, de l’alimentation et des fertilisants, dit Yoann Perrot, analyste en géomatique au CGQ. De plus, la région de la Côte-Nord, au Québec, a besoin de diversifier ses activités.»


Lire la suite dans le numéro de décembre 2014 ou ici

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