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Reportages

25 ans de découvertes

Par l'équipe de Québec Science - 31/01/2018



En nous plongeant dans les 250 découvertes tirées de nos 25 palmarès annuels*, nous avons revisité un pan de la recherche québécoise. De quoi nous inspirer, nous faire réfléchir et même nous faire rire ! Morceaux choisis.    

Le club des « 3 »
Les percées successives de ces chercheurs, dans leurs domaines respectifs, leur ont permis de figurer trois fois à notre palmarès. Voici les membres de ce club sélect.


André Bandrauk, Université de Sherbrooke
Récompensé pour : L’invention de la science de l’attoseconde et ses travaux sur les lasers modernes appliqués à la chimie et à la physique.




Yves De Koninck, Université Laval
Récompensé pour : La création de l’« optrode », un nouvel outil en optogénétique; l’identification d’un mécanisme de la douleur chronique; et une percée expliquant pourquoi la morphine accentue la douleur chez certaines personnes au lieu de la calmer.




Sylvain Martel, Polytechnique Montréal
Récompensé pour : Des recherches ayant mené progressivement vers l’utilisation de bactéries armées qui, tels des nanorobots naturels, livrent des médicaments au cœur des tumeurs.




Peter McBreen, Université Laval

Récompensé pour : Des travaux de pointe portant sur la chimie des surfaces.




Judes Poirier, Université McGill
Récompensé pour : Des recherches qui ont fait progresser la compréhension de la génétique de la maladie d’Alzheimer.




Guy Rouleau, Université de Montréal
Récompensé pour : Des travaux en neurologie qui ont identifié un gène responsable de la forme héréditaire de la SLA, une mutation génétique impliquée dans l’une des formes les plus courantes de migraine et un premier gène qui explique certains cas de tremblement essentiel.



Établissements les plus cités




La santé, d'abord et avant tout
1/3. C’est la proportion occupée par les sciences de la santé dans les 250 découvertes. Un peu trop, diront certains. Pourtant, chaque année, les jurés se font un point d’honneur à conserver un équilibre parmi les disciplines. Cette prédominance est toutefois difficilement évitable, car la majorité des candidatures sont issues des sciences de la santé – un domaine où, par ailleurs, sont concentrés les investissements en recherche.


Où sont les femmes?
Constat alarmant, un très petit nombre de chercheuses sont à l’origine des découvertes de l’année. Différentes raisons peuvent être invoquées. Il y a 25 ans, les femmes étaient moins présentes dans les laboratoires. Et on peut présumer que celles qui maniaient éprouvettes et pipettes n’étaient pas les premières auteures des études et, donc, qu’elles n’avaient pas l’attention des journalistes. Cependant, les temps changent, et pour le mieux : plus les années passent, plus les femmes se taillent une place dans le palmarès. Et 2017 ne fait pas exception.


Trop visionnaires?
L’enthousiasme emporte parfois les scientifiques (et les journalistes qui rapportent leur découverte). La preuve par trois.
1998 On annonce avoir trouvé l’arme suprême contre le VIH.
1998 On prévoit un « éventuel » vaccin contraceptif pour les hommes.
2005 On entrevoit dans un avenir prochain la création d’une pilule contre l’obésité.


Mystères résolus!
Nos chercheurs sont doués pour résoudre des énigmes.
2005 Un trio de scientifiques de l’Université Laval élucide un grand mystère de la chimie des surfaces, la réaction d’Orito. Depuis 25 ans, ce problème donnait des maux de tête aux industries pharmaceutiques et alimentaires.
2007 Un mathématicien et un physicien du Collège Bois-de-Boulogne font la preuve de la véracité de la conjecture de Syracuse, une question de mathématiques dont on attendait la réponse depuis 76 ans.
2017 Des biologistes de l’Université Laval résolvent un mystère de plus de 100 ans en confirmant que les anguilles migrent jusqu’à la mer des Sargasses pour s’y reproduire.


Le début de grandes choses
Plusieurs découvertes primées ont mené à de petites révolutions, de grands bouleversements et à des carrières renversantes.

1994 Chez BioChem Pharma, à Laval, les premiers essais cliniques de la lamivudine, un médicament contre le sida, sont concluants. La molécule a été découverte en 1989 par les chercheurs Bernard Belleau et Mark Wainberg, aujourd’hui tous deux décédés. On estime que la lamivudine a sauvé plus de 2 millions de personnes à l’échelle planétaire.

1997 Robert Proulx et son équipe de l’UQAM ont créé un système informatique « dont le mode d’apprentissage est plus proche de celui de l’humain que de celui de la machine ». Et voilà un jalon important sur la route qui a mené à l’intelligence artificielle telle qu’on la connaît aujourd’hui.

1999 Le Canada autorise un nouveau médicament pour soulager l’asthme : le montelukast de sodium, commercialisé sous le nom de Singulair et mis au point par un chercheur montréalais, Jacques-Yves Gauthier. Des dizaines de millions d’enfants et d’adultes l’utilisent chaque jour depuis.



2003 L’astrophysicienne Victoria Kaspi décrit la véritable nature d’une classe d’étoiles à neutrons, les « pulsars à rayons X anormaux ». Puis, en 2006, elle trouve 21 nouveaux pulsars dans un seul amas d’étoiles. Deux mentions dans notre palmarès qui ont marqué les débuts de la carrière époustouflante de cette chercheuse ayant chamboulé le domaine de l’astrophysique.

2004 Le biochimiste Richard Béliveau et son équipe utilisent la protéine P97 pour transporter des médicaments dans le cerveau en franchissant la barrière hématoencéphalique. Aujourd’hui, un médicament issu de ces travaux fait l’objet d’essais cliniques pour traiter les tumeurs cérébrales. Les résultats seraient encourageants.

2007 Sur le promontoire de Cap-Rouge, près de Québec, l’archéologue Yves Chrétien retrouve les vestiges de la première colonie française implantée en Amérique. Le site archéologique a révélé plus de 6 000 artéfacts dont certains sont exposés de façon permanente au Musée de l’Amérique francophone. Une seconde phase de fouilles devait avoir lieu en 2016, mais n’a toujours pas démarré.

2015 Les chercheurs Guy Sauvageau et Anne Marinier identifient une molécule qui stimule la multiplication des cellules souches contenues dans le sang de cordon ombilical. Un véritable espoir pour les patients atteints de leucémie et d’autres cancers du sang. Un essai clinique a eu lieu à la fin de l’année 2017 et on estime que le succès est au rendez-vous.



* Précision : Les années citées correspondent au moment de la publication des palmarès. Les découvertes associées ont été faites l'année précédente.


>>> Ce texte est tiré du magazine Janvier-février 2018.



 



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