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Reportages

ULIO: Fabriquer une imprimante 3D… imprimable en 3D!

Par Martine Letarte - 09/10/2017
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Au lieu d’emprunter une imprimante 3D, pourquoi ne pas l’imprimer soi-même ? Voilà le pari ludique et ambitieux de l’équipe derrière l’appareil ULIO, destiné aux élèves qui, grâce à lui, apprendront la conception 3D.

Comment y arrive-t-on ? D’abord, il faut évidemment produire les pièces de l’imprimante à l’aide d’une autre imprimante 3D. La trousse ULIO offre tout ce dont on a besoin pour fabriquer une nouvelle imprimante, comme les moteurs, le microcontrôleur, la buse chaude, les ventilateurs, les écrous et même les petits tournevis.

Puis, place à la magie créatrice des jeunes !

À l’aide des tutoriels vidéo fournis, les utilisateurs téléchargent les plans tridimensionnels des pièces et peuvent les modifier, selon leur âge et leur habileté. Pourquoi ne pas décider d’inscrire le nom de l’école sur l’imprimante ? Ou même opter pour un design en forme de Darth Vader ?

Les jeunes impriment leurs pièces avec un thermoplastique biodégradable dérivé de ressources renouvelables et ils les assemblent.

« L’imprimante peut prendre forme en une journée, mais l’enseignant a la possibilité de rendre le défi plus complexe afin de réaliser différentes activités pédagogiques pour approfondir les apprentissages », indique Joseph Issa, inventeur d’ULIO et professeur en mécanique du bâtiment au Collège Ahuntsic, à Montréal.

En août 2016, plusieurs élèves du secondaire de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys ont réalisé des imprimantes ULIO lors d’un camp technologique. Les adolescents participant au camp entrepreneuriat du Collège Sainte-Anne ont pu aussi s’initier à la technologie. Même les enfants de l’école primaire l’Eau-Vive, de l’arrondissement LaSalle à Montréal, ont relevé le défi.

Une fois l’imprimante constituée, les jeunes peuvent l’utiliser pour créer tout ce qui leur passe par la tête. Et si un bris survient, ULIO réimprime ses propres pièces, pourvu que ces dernières soient petites et que leur défaillance n’affecte pas le fonctionnement général de l’imprimante.

Le grand intérêt de l’invention, c’est qu’elle se détaille 700 $, alors que la plupart des imprimantes 3D dans les écoles coûtent plus du double. « Et c’est généralement un technicien qui les manipule pour éviter les bris », remarque Joseph Issa.

Aux yeux de ce passionné d’impression 3D, qui a travaillé plus d’un an sur le concept d’ULIO, pour lequel il a déposé des demandes de brevet au Canada et à l’international, il ne faut pas seulement montrer aux élèves que la technologie existe. Il faut aussi les amener à créer leurs propres technologies alors que la robotique prend de plus en plus de place sur le marché du travail.

« Si à 10 ou 12 ans, les jeunes sont capables de partir d’une idée et créer du concret, imaginez ce qu’ils pourront réaliser une fois à l’université ! »

 

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