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Miner l'espace

Klondike spatial

Par Marc-André Sabourin - 16/02/2017
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À l’heure où les ressources s’épuisent sur Terre, des explorateurs se tournent vers l’espace. Leur ambition? Exploiter les richesses des astéroïdes et autres astres lointains.

Les convulsions de Kane interrompent les rires autour de la table du Nostromo. L’officier se tortille sous les regards horrifiés de ses collègues, jusqu’à ce qu’un extraterrestre émerge de son torse dans un jet de sang. L’équipage l’ignore encore, mais cette créature conduira à la perte de leur vaisseau spatial et de son précieux chargement : 20 millions de tonnes de métaux extraites quelque part dans la Voie lactée.

Récolter des ressources naturelles ailleurs que sur Terre peut sembler relever du même domaine que le reste du film Alien, celui de la science-fiction. De plus en plus de gens croient pourtant que cela fera partie de la réalité, d’ici une dizaine d’années à peine. Des rêveurs ? Pas vraiment.

Deux sondes spatiales, dont une à laquelle le Canada a contribué, sont actuellement en route pour prélever et rapporter des échantillons d’astéroïdes. Des pays modifient leurs lois afin de permettre aux compagnies privées d’accaparer tout minerai extrait d’un corps céleste autre que la planète bleue. Et deux start-ups américaines préparent déjà des missions de prospection minière au-delà de l’atmosphère terrestre.

Cette nouvelle course à l’espace conduira à une foule de découvertes, tant technologiques que fondamentales. Mais comme ce fut le cas pour les premiers explorateurs qui ont traversé l’Atlantique, la motivation est davantage économique que scientifique. L’astéroïde 2011 UW158, qui est passé près de la Terre en juillet 2015, renfermerait ainsi assez de platine pour générer jusqu’à 7 billions (mille milliards !) de dollars. Et ce n’est qu’un des millions d’astéroïdes du Système solaire !
Pour le moment, 2011 UW158 et ses semblables peuvent poursuivre leur trajectoire en paix. La première ressource que veulent extraire les minières de l’espace n’est pas un métal précieux, mais plutôt ce qui donne à notre planète sa jolie couleur : l’eau.

Eau de source spatiale

L’Américaine Meagan Crawford connaît bien la valeur de l’or bleu. Certaines régions de l’État où elle vit, le Texas, traversent régulièrement de longues périodes sans précipitations. N’empêche, même pendant les pires sécheresses, elle n’a qu’à ouvrir le robinet pour étancher sa soif. Alors pourquoi diantre est-ce que la start-up dont elle dirige les opérations, Deep Space Industries, dépense une fortune afin de recueillir de l’eau à des millions de kilomètres de la Terre ? « Parce que nos premiers clients seront dans l’espace », réplique-t-elle.

À l’heure actuelle, tout le matériel nécessaire au bon déroulement d’une mission spatiale doit être extirpé du champ gravitationnel terrestre. Envoyer un kilogramme en orbite, qu’il s’agisse de boulons, de sandwiches ou de puces électroniques, nécessite environ 9 kg de carburant. Imaginez la facture associée à l’expédition d’une tonne d’équipement !

Le pari de Deep Space Industries – et de son compétiteur, Planetary Ressources, également américain – est donc d’établir des points de ravitaillement où navettes, sondes et satellites trouveront de l’eau de source spatiale à prix moindre que celle puisée sur Terre. Une offre d’autant plus alléchante qu’il s’agit d’une ressource extrêmement précieuse au-delà de l’atmosphère.

L’eau, on le sait, est essentielle à la vie. Plus encore, elle forme un excellent bouclier contre les radiations cosmiques, des particules de haute énergie qui bombardent tout ce qui sort du champ magnétique terrestre. Mais surtout, elle peut être séparée en oxygène et en hydrogène, les deux composantes du carburant à fusée. « L’eau, c’est l’essence de l’espace, assure Meagan Crawford. Et il y en a beaucoup sur certains astéroïdes à proximité de la Terre. »

Lire la suite dans notre numéro de mars 2017.
 

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