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Reportages

Les découvertes de l'année dans le rétroviseur

Par Marie Lambert-Chan - 02/01/2017
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Une minisérie s’intéresse à l’évolution des découvertes qui ont figuré dans le palmarès annuel de Québec Science.

Un médicament prometteur pour lutter contre les tumeurs au cerveau. De nouvelles pistes thérapeutiques pour soigner la maladie d’Alzheimer. Un type inédit d’isolateur pour protéger nos réseaux électriques du givre. Voilà quelques retombées des recherches sacrées « découvertes de l’année » par Québec Science dans le passé. Entre le moment « eurêka » et l’application concrète, il s’est écoulé 10, 15, voire 25 ans. Un parcours du combattant auquel la chaîne Canal Savoir consacre une minisérie intitulée Que sont devenues les découvertes de jadis ? diffusée cet hiver.

Coproduite par les Fonds de recherche du Québec (FRQ) en collaboration avec Québec Science, l’émission se transforme en machine à remonter le temps et nous amène à la rencontre d’une douzaine de chercheurs s’étant illustrés dans les 10 premiers palmarès publiés entre 1993 et 2003. On y voit notamment Judes Poirier, chercheur à l’Institut Douglas, qui a établi un lien entre la forme sporadique de la maladie d’Alzheimer et le gène de l’apolipoprotéine E, connu pour son rôle dans le recyclage du cholestérol qui sert de matière première aux neurones. Des travaux lui ayant valu une reconnaissance internationale et qui, surtout, ont fait du chemin : en 2015, il a lancé un essai clinique avec le probucol, un médicament qui stimule justement la synthèse et la sécrétion de l’apolipoprotéine E et qui pourrait retarder l’apparition des symptômes de démence.

Le désormais bien connu Richard Béliveau fait aussi une apparition. En 2002, le biochimiste de l’UQAM et son équipe ont identifié des molécules capables de franchir la barrière hématoencéphalique et les ont détournées pour qu’elles puissent transporter des médicaments jusqu’au cerveau. De là est né un agent pharmacologique, l’ANG1005, qui, 15 ans plus tard, en est à la troisième phase d’essais cliniques. « Ce qui motive un chercheur, c’est la contribution qu’il peut faire à l’évolution de la connaissance et, dans le cas de la médecine, au soulagement de la souffrance humaine », raconte-t-il à la caméra.

Célébrer la recherche fondamentale

Pourquoi une telle émission ? « Pour montrer qu’on a tendance à se concentrer sur les retombées de la recherche appliquée, en négligeant la recherche fondamentale qui, elle aussi, peut avoir des impacts à long terme dans notre quotidien », répond Sylvie Godbout, directrice générale de Canal Savoir.

« La majorité  des Québécois et des Canadiens comprennent l’importance de la recherche fondamentale, estime Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, qui chapeaute les FRQ. Cela dit, il faut continuer d’expliquer celle-ci pour qu’ils l’apprécient toujours davantage et qu’ils comprennent que la science, ça prend du temps. Que c’est normal qu’une découverte serve seulement au bout de 50 ans. »

Ce retour dans le temps se veut aussi un rappel des dangers inhérents aux compressions fédérales et provinciales qui ont appauvri la science fondamentale au cours de la dernière décennie. « Il va de soi que la compréhension des mécanismes fondamentaux nous permet de développer des médicaments ciblés, dit Judes Poirier.

Les Américains, les Européens et les Asiatiques l’ont déjà compris. Pendant ce temps, on pénalise la recherche canadienne sur le long terme. Résultat, plutôt que d’inventer des médicaments, on devra les importer et les payer plein prix. Ce sera un coût sociétal énorme pour ne pas avoir investi à temps. » Une leçon à méditer pour les élus ?

 
La minisérie Que sont devenues les découvertes de jadis ? sera diffusée sur les ondes de Canal Savoir les lundis 27 février, 6 et 13 mars, à 19 h 30. En rediffusion les mardis 28 février, 7 et 14 mars, à 8 h 30; les vendredis 3, 10 et 17 mars, à 20 h 30; et les dimanches 5, 12 et 19 mars, à 10 h 30.

 

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