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Reportages

Mines: Les abysses, nouvel eldorado

Par Marine Corniou - 24/08/2017
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L’industrie minière part à l’assaut d’un territoire immense et encore inexploré : les grands fonds océaniques qui recèlent cobalt, cuivre et nickel en abondance. Quelles seront les conséquences de cette nouvelle « ruée vers l’or » ? 

Jules Verne était un visionnaire. Depuis l’hélicoptère jusqu’au sous-marin, en passant par la téléconférence et les satellites, ses romans regorgent de machines et d’inventions qui ont fini par voir le jour. Ce voyageur insatiable avait aussi imaginé la conquête de l’espace et des océans, dont il avait pressenti la richesse. « Je vous dirai, d’abord, qu’il existe au fond des mers des mines de zinc, de fer, d’argent, d’or, dont l’exploitation serait très certainement praticable », disait le capitaine Nemo dans Vingt mille lieues sous les mers. Cent cinquante ans plus tard, la prophétie du commandant du Nautilus est sur le point de se réaliser. Les océans, qui couvrent 71 % de la planète, regorgent de métaux. Et l’industrie minière est désormais prête à braver les profondeurs pour aller les cueillir. « L’exploration minière des fonds marins se fait à un rythme effréné. C’est une nouvelle ruée vers l’or », indiquait Mark Hannington, professeur de géologie à l’Université d’Ottawa, lors du congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) à Boston, en février dernier.

Ce n’est peut-être pas un hasard si la première compagnie qui exploitera les métaux des abysses s’appelle, elle aussi, Nautilus. Sa cible : Solwara 1, un site riche en cuivre et en or, situé à 1 600 m de profondeur au large des côtes de la Papouasie–Nouvelle-Guinée.

Les opérations, qui devraient commencer en 2019, marqueront une nouvelle ère pour l’industrie minière. « Les fonds marins abritent de très grands gisements, avec une bien meilleure teneur en minerais que sur la terre ferme », explique Noreen Dillane, responsable des communications chez Nautilus Minerals, entreprise canadienne qui opère depuis l’Australie. Cet engouement pour les minerais océaniques inquiète les biologistes et les associations environnementales. « C’est de la folie ! L’exploitation des fonds marins doit être interdite. Ce serait le coup de grâce pour les océans », tempête Catherine Coumans, coordinatrice de la recherche pour l’organisme MiningWatch Canada.


>>> Lire la suite de ce reportage dans le numéro de septembre 2017

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