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Reportages

Quand l'autisme devient une occasion d'affaires

Par Dominique Forget - 31/03/2015
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La tête hirsute, il ressemble au personnage du savant excentrique dans le film Back to the Future. Au mois d’octobre dernier, à la première édition du Salon de l’autisme, au Cosmodôme de Laval, Hughes Pascis accueille avec entrain les mamans (les pères se font rares) à la recherche d’un peu d’espoir pour leur enfant. Sa solution: la chambre hyperbare portative.

Ce diplômé du American College for Advancement in Medicine (connu pour sa défense de thérapies douteuses) assure que le fait de respirer de l’oxygène sous pression «allume les cellules du cerveau» et améliore le comportement des enfants autistes. Le coût d’une chambre hyperbare portative: 18 900 $! Et l’entreprise de Hugues Pascis, HyperSanté, loue aussi des chambres, moyennant 2 500 $ par mois.
Or, aucune étude scientifique sérieuse n’a confirmé les bienfaits de l’oxygène hyperbare pour les enfants autistes.

Au total, ils étaient près de 100 exposants à ce Salon de l’autisme. On trouvait de tout, le pire comme le meilleur. De très sérieux représentants de services publics ou de cliniques privées côtoyaient une dame offrant des «traitements énergétiques» (120 $ pour une séance de deux heures) devant aider les autistes à «descendre dans leur corps». Une petite compagnie d’assurance claironnait être la seule au Québec à octroyer des assurances vie aux parents d’enfants autistes. Et Costco vendait des pots d’oméga-3 et de vitamines Les Pierrafeu, format familial.

La cofondatrice du Salon, Johanne Leduc, reconnaît qu’il est facile de s’y perdre devant la vaste gamme de services offerts par le privé à des parents prêts à s’accrocher à n’importe quelle parcelle d’espoir pour trouver un peu de répit. «Nous ne sommes pas là pour juger quelle méthode est la bonne, dit-elle. Nous voulons que les parents aient accès au plus large éventail d’information possible, afin qu’ils puissent tirer leurs propres conclusions.» Le Salon, ajoute-t-elle, est aussi une occasion pour les parents de briser leur isolement.

Jo-Ann Lauzon, directrice de la Fédération québécoise de l’autisme, reconnaît que quelques charlatans tentent de profiter du désarroi des parents. Elle suggère aux familles qui ne savent pas à quel saint se vouer de contacter leur association régionale. «Ces associations sont des ressources neutres et sûres, et qui s’appuient sur des données scientifiques», rappelle-t-elle.

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