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Inventions 100% québécoises

DCC: Recharger l'auto électrique même en condo

Par Etienne Plamondon Emond - 05/10/2017
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Simple boîte métallique grise vue de l’extérieur, le DCC a le potentiel de démocratiser l’accès aux automobiles électriques. Avec lui, il devient simple de recharger son véhicule chez soi, même si on habite dans un condo.

David et Marie-Pier Corbeil, fils et fille d’électricien, tablent depuis six ans sur cette invention presque au stade de la commercialisation. À l’origine, une question simple : comment brancher les bornes de recharge, alors que les immeubles et les maisons n’ont pas été conçus pour assurer un tel transfert d’énergie supplémentaire ?

« C’est le problème fondamental, soulève David, président de Recharge véhicule électrique (RVE), la jeune pousse de Laval fondée autour de cette technologie. Comme les infrastructures ne sont pas prêtes, il faut faire de la gestion d’énergie. »

Avec un produit offert à 1 500 $, installation incluse, RVE propose une solution de rechange à l’ajout d’une nouvelle entrée électrique de 240 V (le voltage standard d’une borne de recharge) – une intervention qui nécessite souvent des modifications au panneau électrique.

Le DCC (pour Demand Charge Controller) se décline en deux versions : celle pour le condo et celle pour la maison. Dans les deux cas, l’appareil se greffe entre le panneau existant et la borne de recharge. Il effectue une lecture en temps réel de l’ensemble de la consommation énergétique du domicile. Pour éviter toute surcharge, il suspend la recharge du véhicule, qui demande plus de 30 ampères (A), dès que 80 % de la capacité énergétique du domicile, qui avoisine habituellement les 100 A, est sollicité.

C’est le cas lorsque le chauffage, la cuisinière et la sécheuse fonctionnent au même moment. Les clés de l’innovation résident dans les composantes électriques, le design de leur assemblage et dans l’algorithme qui détermine quand l’alimentation doit s’arrêter.

Ainsi, malgré une à deux heures d’interruption, les risques s’avèrent minimes de se retrouver avec une batterie insuffisamment chargée après avoir laissé sa voiture branchée toute la nuit. L’hiver dernier, les deux appareils ont été testés avec succès chez une trentaine de clients dans le cadre d’un projet pilote. Le DCC Condo est déjà implanté dans plusieurs dizaines de tours d’habitation. Ce dernier a la particularité d’être relié au compteur électrique, ce qui permet de facturer la recharge directement au propriétaire du véhicule. Un argument de poids pour obtenir l’accord des autres copropriétaires au moment d’installer une borne !

Au départ, RVE avait développé un prototype trop gros pour la commercialisation. En 2015, elle a fait appel à Thermolec, une PME manufacturière de Montréal experte en serpentins électriques. Ensemble, ils ont divisé par trois le volume et simplifié l’installation. « Il ne s’agissait pas seulement de faire un produit qui règle le problème technique de la recharge d’un véhicule, mais aussi de faciliter le travail de l’électricien », souligne Marie-Pier Corbeil. Les deux appareils ont reçu en mars dernier la certification CSA, qui autorise l’installation et la commercialisation d’un appareil électrique au pays.

Pour la suite, Thermolec s’occupera de la production et RVE de la commercialisation. Après avoir obtenu un brevet provisoire aux États-Unis en 2016, les deux entreprises viennent de déposer une demande de brevet permanent dans ce pays et au Canada. La jeune entreprise estime qu’un marché de plusieurs milliards s’ouvre à eux en Amérique du Nord. Outre le Québec, elle cible la Californie pour le DCC Maison et la Colombie-Britannique pour le DCC Condo. Elle est convaincue qu’elle peut, là aussi, améliorer l’accès aux automobiles électriques.


 

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