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Reportages

Smart-Rollator: Un déambulateur plus sécuritaire

Par Etienne Plamondon Emond - 16/10/2017
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La PME Pratikoréinvente le déambulateur afin de le rendre plus sécuritaire pour les personnes âgées ou à mobilité réduite.

Dans son usine à Richmond, le président Jean-Marc Landry compare un prototype du Smart-Rollator avec un déambulateur conventionnel. Il manipule ce dernier pour montrer à quel point les produits en circulation peuvent facilement basculer et entraîner l’utilisateur dans leur chute. Depuis 2011, Santé Canada a répertorié 550 incidents touchant des déambulateurs, chiffres qui, toutefois, ne présentent pas un portrait exhaustif.

L’ingénieur découvre ce risque en 2012. Pratiko vient alors de mettre au point un frein autobloquant pour fauteuil roulant, qui immobilise les roues dès que la personne assise se soulève, se relève ou glisse vers l’avant. Lors de démonstrations, des professionnels de la santé lui demandent s’il peut développer une solution similaire pour les déambulateurs qu’ils estiment dangereux. « Le problème était généralisé », raconte-t-il.

En 2013, Pratiko commence à travailler sur un prototype. L’équipe s’attarde d’abord aux poignées. Sur la plupart des déambulateurs, les doigts doivent relever un levier vers la paume ou relâcher ce dernier vers le bas afin d’engager ou de désengager les freins. La PME crée plutôt des poignées qu’il faut légèrement pousser vers le bas afin d’avancer. Si elles demeurent relevées, l’appareil reste immobile. Si on s’appuie plus fortement sur elles, les freins s’enclenchent. Cette fonction permet, lors d’une perte d’équilibre vers l’avant, de se maintenir debout plutôt que de tomber tête première en raison des roues qui continuent à tourner. « On a repris le mouvement naturel d’une personne qui chute et qui essaie d’attraper ce  qui se présente à elle pour reprendre le contrôle de ses jambes. »

Lorsqu’une seule main se retire d’une poignée, un système mécanique de synchronisation verrouille aussitôt les roues des deux côtés. L’utilisateur peut ainsi saisir des objets, sans craindre de perdre l’équilibre.

Pratiko redessine ensuite le châssis de façon à ce qu’il puisse chevaucher les sièges de toilette. Deux points d’appui, sur les côtés, aident à s’asseoir, tout en évitant de dangereuses chutes. Sur le déambulateur, l’équipe pose un siège rabattable plutôt que fixe. Lorsque celui-ci est abaissé et qu’une personne s’y assied, les freins se désengagent et transforment le Smart-Rollator en chaise de transport. Une fois le siège relevé à la verticale, le centre de la structure se dégage pour laisser la personne se dresser avec une meilleure stabilité.

En avril 2017, le Salon Convergence Innovation, consacré aux nouveautés en aides techniques, orthèses, prothèses et soins institutionnels, a désigné la sixième version du prototype comme l’innovation de l’année.

Depuis, la PME a réalisé quelques ajustements. Brevet déposé, Pratiko est maintenant prête à dévoiler ses versions 7 et 8 du Smart-Rollator. Prochaines étapes : réaliser des essais cliniques et obtenir les autorisations de Santé Canada et de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis avant la commercialisation. Pratiko aimerait offrir plusieurs modèles, dont les prix varieraient entre 200 $ et 1 000 $.
L’entreprise de six employés mise beaucoup sur son volet santé. Celui-ci représente 15 % de son chiffre d’affaires qui avoisine les 700 000 $. Elle souhaite percer le marché des États-Unis où, en ce moment, elle ouvre des bureaux à Saint-Johnsbury, au Vermont, et discute avec une association d’anciens combattants. Parions que le Smart-Rollator roulera tant au Québec qu’au sud de la frontière.
 

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