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Reportages

Un parc solaire au Québec?

Par Mélissa Guillemette - 29/06/2017
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Hydro-Québec pense bâtir un grand parc solaire pour réagir rapidement si la demande d’énergie augmente.

Le Québec baigne dans les surplus d’électricité. D’ailleurs, l’automne dernier, Hydro-Québec disait prévoir des excédents pour les 10 prochaines années, de l’ordre de 11,3 térawattheures annuellement.

Le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, a néanmoins déclaré qu’un parc solaire de 100 MW pourrait être construit bientôt, pour produire l’équivalent des besoins en électricité de 7 730 résidences. « On n’en aura pas besoin demain matin, de cette énergie-là; ce dont on a besoin, c’est d’apprendre comment ça fonctionne pour éventuellement être capable de considérer l’énergie solaire dans notre parc de production », a-t-il dit lors de l’étude des crédits budgétaires, à l’Assemblée nationale, au printemps dernier.

Le projet est encore embryonnaire, a expliqué en entrevue Alain Sayegh, directeur de l’intégration des nouvelles technologies chez Hydro-Québec. « On est en exploration. Mais l’intention serait de le construire au Québec », confirme-t-il. Si l’expérience était concluante et que la demande énergétique venait à augmenter dans les prochaines années, en raison d’une croissance de l’exportation d’électricité, par exemple, la société d’État pourrait se lancer dans le solaire, plutôt que de construire un nouveau barrage. Le dernier épisode, celui de la rivière Romaine, avait été pour le moins controversé.

« En “dollars par watt”, ce type d’installation présente un coût compétitif par rapport au coût de construction des autres technologies. Et l’installation est rapide », remarque Vincent Aimez, professeur au département de génie électrique et informatique de l’Université de Sherbrooke.

Rappelons que, dans sa politique énergétique pour la période 2016-2030, le gouvernement du Québec s’est engagé à augmenter de 25 % sa production d’énergie de source renouvelable, diminuer sa consommation de produits pétroliers et éliminer l’utilisation du charbon thermique.

« Le profil de la consommation électrique sera complètement différent en 2025, croit Vincent Aimez. Par exemple, le gouvernement du Québec fait beaucoup d’efforts pour être un leader mondial de la mobilité électrique. » De petits parcs solaires pourraient aussi être construits là où les voitures devront être rechargées, suggère-t-il.

L’Université de Sherbrooke a également annoncé qu’un parc solaire serait construit sur son terrain d’ici avril 2018. Les surplus générés seront versés dans le réseau d’Hydro-Sherbrooke. « La puissance du parc n’est pas encore déterminée mais, en gros, on devrait doubler la capacité photovoltaïque actuelle du Québec, dit Vincent Aimez. Et l’objectif est d’avoir un impact sur la consommation en énergie de l’industrie au Québec. On veut donc y installer beaucoup de technologies différentes déjà commercialisées – du photovoltaïque, du concentré, des panneaux sur deux axes, des panneaux sur des trackers – et les tester. »

Voir le reportage Le solaire pointe au Québec.

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