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Reportages

Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Par Solène Jonveaux - 16/11/2017
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Dans quelques mois, Boeing testera la performance d’avions entièrement automatisés et pourvus d’une intelligence artificielle pour, à terme, remplacer les pilotes. Les vols commerciaux seront-ils bientôt opérés par des robots?

En 2025, Boeing devrait commercialiser des avions de ligne autonomes; entendez par là, sans pilotes humains. C’est du moins ce que le constructeur a annoncé lors du Salon aéronautique du Bourget, en France, en juin dernier. Les essais en simulateurs ont commencé cette année et des tests sur des avions de fret comme ceux qu’utilise FedEx seront menés dès 2018. Pour remporter son pari, Boeing a d’ailleurs amorcé une série d’acquisitions stratégiques, dont celle d’Aurora Flight Sciences début octobre. Cette entreprise d’aéronautique américaine se spécialise dans le développement des drones et des appareils volants autonomes; elle a déjà construit et fait voler 30 appareils de ce type, civils et militaires. Il y a à peine deux ans, elle a lancé un petit avion de quatre places, le Centaur, piloté depuis le sol avec un ordinateur portable.

L’annonce de Boeing marque un véritable tournant. Jusqu’ici, les entreprises aéronautiques et les start-ups se contentaient de viser l’autonomie à court terme pour de petits véhicules, à mi-chemin entre les drones et les hélicoptères, pouvant servir de taxis volants ou de jets privés. L’entreprise chinoise Ehang a ainsi fait voler (à vide) son premier taxi autonome au-dessus de Dubaï l’été dernier. Au total, une douzaine de start-ups (dont deux financées par le cofondateur de Google, Larry Page) travailleraient sur ce genre de concept. C’est aussi la stratégie du constructeur européen Airbus qui développe Vahana, une sorte de voiture volante sans pilote dont le prototype décollera pour la première fois fin 2017. Parallèlement, l’avionneur s’entraîne à faire voler de petits drones autonomes propulsés avec des réacteurs. Mission réussie en juillet dernier : le drone Sagitta a plané pendant sept minutes et a atterri avec succès en Afrique du Sud.

Pourquoi l’automatisation des vols suscite-t-elle autant d’intérêt ? Parce que l’industrie de l’aviation craint qu’il n’y ait pas assez de pilotes pour répondre aux besoins des passagers dont le nombre pourrait doubler d’ici 2035, selon l’Association du transport aérien international (IATA). C’est du moins l’une des motivations avancées par Boeing pour justifier son projet. Une étude publiée en août par la banque suisse UBS indique aussi que les vols sans pilotes présenteraient un intérêt financier pour l’industrie qui épargnerait jusqu’à 35 milliards de dollars US par an. Sur cette somme, 26 milliards de dollars US seraient économisés sur les salaires des pilotes, 3 milliards sur le coût des assurances et de la formation, et 1 milliard en carburant, entre autres.

>>> Lire la suite dans le magazine de décembre 2017.

Photo: iStockphoto

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