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Reportages

Guerre 14-18: Le choc et l'enlisement (1/4)

Par Raymond Lemieux - 04/08/2014
Partie 1/4 (voir aussi: 2/4)


«Canadiens, c’est le moment d’agir. N’attendez pas que les Boches viennent mettre tout à feu et à sang au Canada. Canadiens, soyez hommes! Ne restez pas en arrière. Enrôlez-vous dans nos régiments canadiens-français
L’affiche de propagande produite par le Comité de recrutement canadien-français ne fait pas dans la dentelle pour inviter des volontaires à s’engager. L’illustration a même des relents xénophobes: une femme, avec son enfant dans les bras, tout juste abattue par un soldat allemand.

C’était il y a 100 ans. Près de 65 000 Canadiens français s’enrôleront à un moment ou l’autre pour faire la Grande Guerre sous les drapeaux de l’empire britannique. Une guerre entre deux âges. On verra les premiers chars d’assaut partager les champs de bataille avec près de 10 millions de chevaux, avec des catapultes pour lancer des grenades et avec des canons tirés par des cyclistes. Lors de leur entraînement à la base de Valcartier, qui vient alors d’être installée près de Québec, les officiers apprennent encore le maniement du sabre et de l’épée.

«On avait l’idée que les guerres se gagnaient grâce au courage du soldat, à l’assaut et même au corps à corps», note Carl Bouchard, professeur d’histoire à l’Université de Montréal. Le courage? L’aversion pour les Allemands? «Beaucoup de jeunes ont aussi vu ça comme une occasion de voyager et de partir à l’aven­ture. Cette guerre pouvait leur sembler romantique», dit Michel L’Italien, de la Direction – Histoire et patrimoine au ministère de la Défense nationale. Et on était certain que la guerre serait brève, qu’elle serait terminée avant Noël. Mais les premiers arrivés au front se sont vite rendu compte que ce n’était pas une guerre «ordinaire».

Rappel des faits. Quand l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, le 28 juillet, l’Allemagne, un des piliers de la Triple-Alliance, et la Turquie la suivent. La Russie va soutenir la Serbie. Le tsar entraîne ainsi le Royaume-Uni et la France avec lesquels il avait conclu l’accord de la Triple-Entente. Ainsi, quelques jours plus tard, le 1er août, une mobilisation générale est décidée en Allemagne et en France. Strasbourg, Metz et Colmar, aujourd’hui en France, appartenaient alors au pays d’Albert Einstein et de Max Planck.

En très peu de temps, les belligérants déploient leurs armées aux frontières. Des moyens logistiques sans précédent sont utilisés. «En quelques jours, il a fallu transporter de cinq à six millions de soldats, tout en prévoyant nourriture et services de santé, poursuit Carl Bouchard. Les généraux croyaient, de part et d’autre, qu’il y aurait une bataille décisive et que le sort allait rapidement en être jeté. Il leur fallait donc maintenant frapper fort et vite.»

Puis, le 3 août, l’empereur allemand Guillaume   II déclare la guerre à la France et à la Serbie. Le lendemain, ses troupes déferlent sur la Belgique. À son tour, le Royaume-Uni, allié de la France, entre dans la ronde infernale, entraînant ses dominions comme Terre-Neuve, l’Australie la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et le Canada. L’Autriche-Hongrie ouvre les hostilités contre la Russie, le 6 août.
Les armées du Kaiser franchissent la frontière et envahissent la France. Elles sont stoppées sur les bords de la Marne, au nord et à l’est de Paris. Sur le front oriental, les armées tsaristes foncent et attaquent, sans succès cependant, car les troupes allemandes les défont à Tannenberg, aujourd’hui Stebark, en Pologne. Les combats s’étendent ensuite sur un front de 2 000 km. Ils sont très violents. Les Russes y perdront deux millions d’hommes en quelques mois.

Lire la suite dans le numéro d'août-septembre 2014

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