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Société

Gaston Schwarz: La beauté avant l’âge

23-10-2014

Professeur de chirurgie plastique à l’Université McGill, où il enseigne toujours, le docteur Gaston Schwarz voit défiler depuis plus de 40 ans les membres de la haute société montréalaise, dans sa clinique de l’avenue Docteur-Penfield.

Vous remodelez des visages, des seins et des paupières depuis 43 ans. La quête de la jeunesse s’est-elle transformée avec les années?

À mes débuts, les femmes attendaient généralement la soixan­taine avant de se pointer dans mon bureau pour un lifting du visage. Aujourd’hui, elles commencent dans la quarantaine. Le même phénomène s’observe pour le lifting des seins. Autrefois, je voyais des femmes de 40 ans, alors que maintenant, certaines me consultent dès la fin de la vingtaine, après avoir eu leurs enfants.
Les techniques se sont aussi beaucoup perfectionnées. Pour les seins, par exemple, on se contentait autrefois de remonter la peau; de nos jours, on combine souvent le lifting avec la pose d’implants. Pas nécessairement pour grossir la poitrine, mais parce que ça permet aux seins de tenir mieux et plus longtemps. Il faut dire que les implants se sont améliorés. Avant, on était restreint à trois modèles: petits, moyens ou gros. Maintenant, les implants sont de toutes les formes et de tous les volumes.

Si les clientes viennent vous consulter de plus en plus jeunes, viennent-elles aussi de plus en plus vieilles?

Tout à fait. Ces dernières années, j’ai fait un lifting du visage à une femme de 85 ans. J’ai aussi remonté les seins d’une patiente de 83 ans. Elle m’a envoyé une carte postale de la Côte d’Azur, où elle faisait du monokini et disait avoir un plaisir fou.

Avez-vous constaté une évolution chez les hommes, également?

Avant, les hommes ne passaient pratiquement jamais sous le bistouri alors que, aujourd’hui, ils représentent 15% de ma clientèle. Chez eux, la chirurgie des paupières est la plus populaire. C’est bien connu, les yeux qui tombent donnent un air fatigué et vieilli. Or, c’est facile à corriger. Ils viennent me voir à partir de la quarantaine, normalement.

La chirurgie esthétique s’est aussi démocratisée?

Elle était réservée aux riches quand j’étais jeune médecin. Maintenant, j’opère des gens issus de toutes les couches sociales. J’en vois même qui hypothèquent leur maison pour se payer des interventions. Si leurs motivations sont saines, c’est-à-dire si les femmes le font pour elles et non pour plaire à leur mari, je n’y vois pas de problème.

S’ils ne le font pas pour faire plaisir à leur partenaire, qu’est-ce qui motive vos clients à dépenser autant d’argent pour paraître plus jeunes?

Nous restons en forme bien plus longtemps que nos parents et nos grands-parents. Moi, par exemple, j’ai 75 ans et j’ai toujours autant de plaisir à venir travailler. Mais on a beau bien manger et faire du sport, la gravité est implacable. La peau s’amincit et tombe. De l’extérieur, on a 60 ans, mais à l’intérieur, c’est comme si on en avait 40. Tous mes clients me le disent après leur chirurgie: «L’i­ma­ge que me renvoie le miroir reflète enfin comment je me sens.»
Mes patients veulent aussi améliorer leur apparence pour rester compétitifs sur le marché du travail. Plusieurs études ont démontré l’importance de l’aspect physique lors de la sélection des candidats. Les plus jeunes sont favorisés. Notre société n’a jamais été très tolérante face à la vieillesse.

Votre fils pratique avec vous depuis quelques années. Quelles sont les nouveautés qui l’attendent?

Mon fils a 40 ans et je suis prêt à parier qu’il sera témoin d’autant de progrès au cours des 35 prochaines années que moi pendant toute ma carrière. Les cellules souches, entre autres, vont révolutionner la pratique. Mon fils pourra peut-être effacer des rides de façon bien plus durable qu’on peut le faire aujourd’hui.

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