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Santé

Que faire en cas de commotion cérébrale?

17-05-2018

De nombreux Québécois posent des questions au sujet des commotions cérébrales dans le moteur de recherche Google. Si vous vous heurtez la tête, de grâce, laissez votre ordinateur!

« Si vous attendez d’être sûr d’avoir une commotion cérébrale pour interroger Google, c’est qu’il est généralement trop tard », lance d’entrée de jeu Dave Ellemberg, professeur à l’Université de Montréal où il dirige l’Institut des commotions cérébrales.

Le commun des mortels se pose rarement des questions dans les premiers jours suivant un potentiel traumatisme craniocérébral, remarque le neuropsychologue clinicien. « Par contre, les gens sont soudainement assaillis d’interrogations après un, deux, voire trois mois de symptômes persistants. C’est là qu’ils viennent nous consulter pour tenter de réparer les pots cassés », regrette-t-il.

Ne vous fiez pas à votre propre jugement pour écarter la possibilité d’une commotion cérébrale, puisque, même pour un médecin, ce n’est pas simple. Il n’existe pas d’outil ou de test fiable à 100 % pour détecter un traumatisme crânien.

« Il faut en reconnaître les signes et symptômes – il n’y en a pas toujours –, de même que les circonstances qui peuvent le causer, avant d’aller consulter. C’est le médecin qui le diagnostique au final », explique l’auteur de Tenir tête à la commotion cérébrale.

Au moindre soupçon de commotion cérébrale, la victime devrait s’observer pendant au moins 48 heures. « Pendant cette période, on documente par écrit l’historique du traumatisme et les comportements anormaux qui s’ensuivent. Puis, on note ce que l’athlète ressent, s’il veut bien nous le rapporter », souligne Dave Ellemberg.

La nuance est importante. Dans une étude publiée plus tôt cette année dans la revue Clinical Journal of Sports Medicine, des chercheurs de l’Université McGill rapportent que jusqu’à 80 % des athlètes ignorent volontairement leurs symptômes de commotion, comme des maux de tête ou de la sensibilité à la lumière. Résultat : mieux vaut ne pas croire un sportif sur parole.

Surtout que jouer à l’autruche retarde la récupération. Selon Dave Ellemberg, maintenir un effort physique et mental considérable à la suite d’une commotion cérébrale peut étirer le temps de guérison, comparativement au repos accompagné d’une très légère activité.

Ne pas s’arrêter peut même s’avérer fatal: dans le cas d’un athlète, jamais au grand jamais il ne devrait retourner au jeu immédiatement, sous peine d’être victime du syndrome du second impact qui cause la mort d’une dizaine de jeunes sportifs chaque année en Amérique du Nord. « Lorsqu’elle est prise en charge et bien gérée, une commotion cérébrale se règle d’elle-même en deux semaines environ. Et les conséquences à long terme sont alors négligeables », assure-t-il.

Dans le cas contraire, les séquelles persistantes sont appelées « syndrome post-commotionnel ». C’est plutôt ça que vous devriez «googler ».

 

Cet article fait partie d’un dossier répondant aux 50 questions de santé les plus fréquemment entrées par les Québécois dans le moteur de recherche Google. Pour accéder à toutes les questions de santé, cliquez ici.

 

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