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Sciences

L’Amérique du Nord a perdu 3 milliards d’oiseaux en 50 ans

20-09-2019

Grive des bois. Photo: Michael Parr/American Bird Conservancy

La population aviaire en Amérique du Nord a perdu un peu plus du quart de ses effectifs depuis 1970.

Si vous avez l’impression que les forêts et les cieux sont moins mélodieux, vous n’avez pas la berlue. Selon une étude publiée dans Science, depuis 1970, la population d’oiseaux du Canada et des États-Unis a diminué de 29%, ce qui correspond à un manque de 3 milliards d’oiseaux dont 90% appartiennent à une douzaine d’espèces communes d’oiseaux comme les moineaux, les grives, les fauvettes et les hirondelles, qui jouent un rôle important dans la dispersion des graines.

Les résultats de l’équipe nord-américaine sont basés sur l’évaluation de 529 espèces d’oiseaux à travers les deux pays. Les chercheurs soulignent que c’est la première fois qu’ils sont en mesure de calculer et de quantifier l’abondance des oiseaux. Cet ensemble de données, recueilli sur une longue période et qui a nécessité plus d’un an de travail, permet de mieux comprendre le déclin de la biodiversité.

Selon Adam C. Smith, l’un des auteurs de l’étude et biostatisticien à Environnement et Changement climatique Canada, presque aucune espèce d’oiseau n’est épargnée par ce déclin, que ce soit dans la forêt boréale, sur les côtes, dans les régions tempérées, dans les campagnes… D’après des études précédentes, les causes de cette importante chute de population sont entre autres la perte des habitats, l’intensification de l’agriculture et l’utilisation de pesticides qui affectent les insectes et par ricochet, les oiseaux.

Adam C. Smith se souvient, lorsqu’il était enfant, d’avoir vu de nombreuses espèces communes, comme l’oiseau gros bec, qui venaient se nourrir pendant l’hiver près de chez lui. «Ils ont presque disparu de l’est du Canada au cours des 40 dernières années», remarque-t-il.

On estime que entre 2,9 à 3 milliards d’oiseaux auraient disparu au Canada et aux États-Unis depuis 1970. Infographie: Cornell University

Dans les faits saillants de l’étude, on souligne que:

  • Les oiseaux des campagnes sont particulièrement touchés, avec une réduction de 53 % de la population (perte de plus de 720 millions d’oiseaux) depuis 1970.
  • Les oiseaux de rivage, dont la plupart fréquentent des habitats côtiers sensibles, déjà peu nombreux, ont perdu plus d’un tiers de leur population.
  • Le volume de la migration printanière, mesuré par radar dans le ciel nocturne, a chuté de 14 % au cours de la dernière décennie seulement.

«Nous constatons des pertes chez certains oiseaux que nous considérons comme bien adaptés à la vie en milieu urbain comme le pigeon et le moineau domestique», explique Adam C. Smith. «Le fonctionnement de notre écosystème est affecté par cela. Il y a beaucoup moins d’oiseaux qui mangent des insectes et des fruits et qui distribuent des graines dans l’environnement pour les plantes », ajoute-t-il.

Parmi les pistes de solution, le chercheur souligne l’importance de la coopération internationale, car «plusieurs espèces en déclin sont des oiseaux migrateurs. Nous devons donc agir au-delà de nos frontières». Si le milieu industriel et les gouvernements peuvent protéger les habitats de la faune aviaire, les citoyens peuvent aussi faire une différence… en gardant leur chat à l’intérieur de la maison. «Nous perdons des millions d’oiseaux chaque année à cause des chats qui errent en liberté, des collisions avec les fenêtres et les lignes électriques».

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