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Sciences

La notion du temps chez les animaux

25-10-2018

Photo: Unsplash

Votre animal de compagnie n’a évidemment pas de montre à sa patte. Il n’en est pas moins capable de discerner le temps qui passe.

Si vous tardez à le nourrir ou à le sortir pour sa marche quotidienne, votre animal le sait. En tout cas, c’est ce que laisse croire une étude réalisée par deux chercheurs américains de la Northwestern University et publiée dans la revue Nature Neuroscience.

Pour analyser la capacité des animaux à observer le temps qui passe, les chercheurs ont mis en place une expérience appelée «door stop». Une souris court sur un tapis roulant, entourée d’écrans qui lui donnent l’impression de parcourir un corridor. Au bout de celui-ci, elle découvre une porte, qui s’ouvre seulement si elle attend six secondes. Si elle «fonce» sur la porte fermée, la vidéo revient au début du parcours. Si elle parvient à patienter jusqu’à l’ouverture de la porte, à force d’entraînement, elle obtient une récompense dans cette autre pièce virtuelle.

À l’étape suivante de l’expérience, à laquelle seuls les rongeurs qui avaient réussi à s’arrêter participaient, l’équipe a complètement enlevé le mur où se trouvait la porte dans la vidéo immersive. Les souris arrivaient néanmoins à retrouver leurs repères à cet endroit, grâce à des motifs au sol. Résultat : l’animal y attendait patiemment ses six secondes avant de continuer son chemin.

En examinant une partie du cerveau des souris (le cortex entorhinal, qui est notamment associé à la mémoire et à la navigation) avec la microscopie par excitation à deux photons, les chercheurs ont observé «un ensemble de neurones jusqu’ici inconnus» qui s’activent pendant l’attente, comme s’ils faisaient le décompte.

Selon Daniel Dombeck, l’un des auteurs, l’expérience démontre de façon convaincante que les animaux ont une représentation mentale du temps.

Les chercheurs estiment que cette recherche pourrait avoir des répercussions sur la recherche concernant l’Alzheimer, une maladie qui affecte dès ses débuts le cortex entorhinal. Ils suggèrent d’adapter l’expérience «door stop» pour les patients, afin de déterminer si elle pourrait servir à la détection précoce de la maladie.

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