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Les étangs bruns de l'Arctique libèrent du gaz à effet de serre

Par Annie Labrecque - 06/03/2018
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Le paysage arctique change drastiquement avec le réchauffement climatique, créant de nombreuses étendues d’eau brunâtre en Arctique, qui libèrent une quantité importante de gaz à effet de serre. Des chercheurs d'ici et d'autres pays nordiques ont étudié le phénomène.

Le pergélisol, habituellement gelé en permanence, contient une énorme réserve de matière organique telle que du méthylmercure, du méthane et des virus qui y sont emprisonnés depuis des millénaires. Avec le réchauffement climatique, cette matière organique est libérée du pergélisol à un rythme accéléré dans l’atmosphère, mais elle est aussi relâchée dans les mares et étangs de l’Arctique de plus en plus nombreux, qui se forment lors du dégel saisonnier. Habituellement limpides, ces étendues d’eau prennent des teintes brunes sous l’effet de ces matières dissoutes.

Pour étudier l'impact de ce brunissement, des chercheurs canadiens faisant partie notamment du Centre d’études nordiques et de l’Institut national de la recherche scientifique ainsi que des chercheurs danois, finlandais et suédois ont récolté des échantillons provenant de 253 mares et étangs d’eau douce autour du pôle Nord, allant de l’Alaska jusqu’en Russie, de 2002 à 2016.

En rassemblant les données prélevées par mesures optiques, chimiques et isotopiques de ces échantillons, ils ont remarqué une croissance de la concentration de matière organique dissoute (MOD) et une diminution de la quantité de zooplancton, un maillon important de la chaîne alimentaire, au cours de la période étudiée.

Leurs résultats, publiés récemment dans Limnology and Oceanography Letters, démontrent que la MOD absorbe facilement les rayons du soleil. La température de ces étendues d’eau augmente alors et accélère encore plus la fonte du pergélisol. L’activité microbienne est aussi stimulée par ce changement dans l’écosystème aquatique; les bactéries produisent ainsi du méthane, un gaz à effet de serre, libéré dans l’atmosphère.

Selon les auteurs de l’étude, les effets du dégel du pergélisol sont incontestables et préoccupants dans la dégradation des étangs de l’Arctique. «Le brunissement de ces étangs entraîne notamment un appauvrissement en oxygène et un refroidissement de l’eau au fond des étangs, qui ont des conséquences importantes sur l'activité microbienne responsable de la production et la consommation des gaz à effet de serre et, particulièrement, sur la production de méthane, un gaz à effet de serre puissant», expliquent-ils.

D’après les chercheurs, ce brunissement risque de survenir beaucoup plus fréquemment avec des précipitations accrues et des phénomènes météorologiques extrêmes.

Photo: Wikimedia Commons

 

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