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Depuis 50 ans, la recherche publiée aux Presses de l’Université du Québec répond aux préoccupations de la société québécoise.

Le 16 octobre 1970 est une date charnière dans l’histoire québécoise et celle des Presses de l’Université du Québec (PUQ). Alors que la crise d’Octobre bat son plein et que le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau promulgue la Loi sur les mesures de guerre, la maison d’édition naissante publie La jeunesse du Québec en révolution. Dans ce livre, le professeur et sociologue Jacques Lazure défend la thèse selon laquelle les jeunes Québécois sont en rupture avec le passé et la société de l’époque. L’histoire a rendez-vous avec l’Histoire. Le moment était parfait, se remémore Thomas Déri, premier directeur général des PUQ. «Jamais on ne s’est demandé si nous devions aller de l’avant avec cette publication. Ça allait de soi, malgré la gravité des évènements.»

Ce fait illustre bien cette capacité des PUQ à se placer au diapason des grands enjeux qui modèlent la société québécoise. De fait, entre 1970 et 1979, décennie pendant laquelle il dirige les presses universitaires du jeune réseau de l’Université du Québec (UQ), Thomas Déri orchestrera la publication de plusieurs ouvrages en lien avec l’actualité du Québec de la Révolution tranquille, comme La sexualité prémaritale en 1975. «La province se trouvait encore sous le joug de la religion catholique, même si l’on commençait à observer une désertion des églises. Cet ouvrage, comme tant d’autres, reflète bien l’évolution du Québec», fait valoir celui qui a publié 130 livres à titre de directeur général.

Ainsi, dès son arrivée en poste, le 5 janvier 1970, Thomas Déri a dû solliciter des professeurs qui n’étaient pas nécessairement ouverts à l’idée de publier aux PUQ, alors une maison d’édition peu connue dans le milieu de l’enseignement supérieur. N’empêche, il avait les coudées franches. «Mon but durant mon mandat a toujours été de favoriser la publication des connaissances, d’élargir leur diffusion», souligne-t-il.

Innover encore et toujours

L’innovation, l’audace et la flexibilité font ainsi partie de l’ADN des PUQ. En 1999, la maison d’édition en a fait la démonstration en publiant l’ouvrage collectif Communications en temps de crise, qui aborde la crise du verglas ayant frappé la province à peine un an auparavant. Piloté entre autres par la professeure Danielle Maisonneuve, ce livre regroupe des textes présentés à un colloque organisé à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) les 28 et 29 janvier 1999. À cette occasion, communicateurs, universitaires, représentants de la classe politique et de la société civile ont réfléchi collectivement aux grandes leçons à tirer de cette crise qui, rappelons-le, a privé trois millions de Québécois d’électricité en plein cœur de l’hiver. «Les PUQ ont été géniales, puisqu’elles ont accepté de publier rapidement. Le 5 octobre 1999, l’ouvrage paraissait», dit Danielle Maisonneuve, qui a dirigé trois collections aux PUQ. Depuis, Communications en temps de crise a fait école, car il traduit une vision novatrice du métier de communicateur et de son importance grandissante au sein des organisations.

La conciliation travail-famille est un autre enjeu sociétal que les PUQ ont contribué à démocratiser, notamment sous la plume prolifique de Diane-Gabrielle Tremblay, qui a à son actif 52 titres publiés ou en diffusion aux PUQ depuis 1992. Dans Conciliation emploi-famille et temps sociaux (4e édition, 2019) et Les politiques de conciliation des temps sociaux et les aménagements du temps de travail, paru en 2018, la professeure de l’Université TÉLUQ retrace toute l’évolution des concepts de travail, de famille et de conciliation entre les deux, soulignant au passage les nombreuses mesures et les programmes mis en place pour la favoriser. «On rejoint alors des débats très politiques, comme les congés parentaux ou les congés de paternité. Au Québec, nous sommes très novateurs sur ce dernier point», analyse celle qui a signé un ouvrage à ce sujet en 2015, Les pères et la prise du congé parental ou de paternité : une nouvelle réalité.

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Au diapason de l’évolution du Québec

Les églises du Québec : un patrimoine à réinventer constitue un autre exemple d’ouvrage s’inscrivant dans l’air du temps. Au fil des pages, on déconstruit les églises comme institution avant d’aborder l’épineuse question de leur réhabilitation, explique la coauteure Lucie K. Morisset. «Le Québec est reconnu comme ayant une longueur d’avance dans la réflexion et dans l’action sur les églises comme objets de la société civile. Encore fallait-il qu’un éditeur traite de ce sujet complexe», expose la professeure de l’UQAM.

L’esprit innovateur des PUQ ne se limite pas aux frontières du Québec. Juan-Luis Klein en sait quelque chose ; celui qui est responsable de la collection Géographie contemporaine des PUQ y a publié son premier ouvrage, Défi au développement régional : territorialité et changement social au Nicaragua sandiniste, en 1986. «Le Nicaragua était alors un pays qui tentait de s’extirper du sous-développement grâce à un modèle social innovant. L’expérience qui s’y déroulait retenait l’attention», explique le professeur de l’UQAM.

Aujourd’hui encore, les PUQ se consacrent à la publication de recherches portant sur des sujets émergents et quelquefois controversés, permettant ainsi de faire évoluer les mentalités et de favoriser les débats de société.

Récemment, son catalogue s’enrichissait des ouvrages suivants : Le témoignage sexuel et intime, un levier de changement social?, Perspectives internationales sur la gestation pour autrui et Espoirs à l’épreuve de la souffrance : paroles d’hommes autochtones sur la violence conjugale et familiale.

Si les PUQ ont toujours su se placer à l’avant-garde des grands courants, c’est parce qu’elles ont pu s’entourer d’un réseau solide d’experts et de chercheurs soucieux de bien travailler. «À titre de directrice de collection, j’ai toujours essayé de donner une vitrine aux jeunes chercheurs. C’est grâce à cette sensibilité que l’intelligence émerge, affirme Danielle Maisonneuve. En même temps, il ne faut pas perdre de vue l’objectif premier des PUQ : constituer un corpus de connaissances utile au débat public.»

Si les PUQ ont toujours su se placer à l'avant-garde des grands courants, c'est parce qu'elles ont pu s'entourer d'un réseau solide d'experts et de chercheurs soucieux de bien travailler.

Au-delà des frontières québécoises

Dès les années 1990, la maison d’édition fait une incursion en Europe et, à partir de 2005, signe des contrats de partenariat avec des diffuseurs et des distributeurs étrangers pour accroître la visibilité des ouvrages de ses auteurs et du réseau de l’UQ. Des ententes sont conclues avec la France, la Belgique et la Suisse.

Les PUQ ont également noué des partenariats de coédition avec l’étranger, une autre façon de faire rayonner la recherche publiée au Québec et ailleurs, en plus d’augmenter le nombre de titres produits. En France et en Suisse, les PUQ ont réalisé des coéditions, entre autres, avec l’Agence universitaire de la Francophonie, les Éditions Karthala, L’Harmattan, les Presses universitaires de Rennes et les Éditions ies, rattachées à la Haute école de travail social de Genève.

La numérisation du fonds d’édition, dès 2004, permet aux PUQ de pénétrer sur des territoires non couverts antérieurement, en plus de rendre les contenus accessibles à un large public et l’ensemble de ses livres pérenne.

Et maintenant?

En 2017, les PUQ se sont donné une vision d’avenir. La maison d’édition entend consolider sa position d’éditeur de référence dans le monde de l’enseignement supérieur et s’engage à rendre le savoir accessible au plus large public possible et à contribuer à la visibilité internationale de ses auteurs à l’ère des nouvelles technologies.

Depuis l’hiver 2017, les Presses ont transformé leur site Internet en permettant l’achat direct de tous leurs livres en versions papier et électronique (PDF et ePUB). De plus, dans le but de joindre des lecteurs issus des mondes associatif et professionnel, elles ont mis sur pied des sites Internet satellites, permettant d’offrir des contenus personnalisés à ses partenaires. Les PUQ sont à l’affût des nouvelles technologies tant pour leur processus de production, l’impression à la demande en est un exemple, que pour l’optimisation de leurs étapes éditoriales ou la diffusion de leurs titres.

«Le rayonnement, l’accessibilité et la pérennité de notre fonds d’édition jouent un rôle clé dans le succès des PUQ. Les Presses sont tournées vers l’avenir en offrant nos ouvrages à une clientèle variée et dans de nombreux territoires, notamment avec nos ententes de partenariat, les nouvelles technologies et l’impression à la demande», rappelle fièrement Martine Des Rochers, directrice générale des PUQ.

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