Publicité

La façon dont on enseigne, que ce soit aux très jeunes ou aux adultes, se renouvelle grâce à la recherche en éducation. Et l’un des meilleurs outils pour que les données scientifiques sortent des universités et fassent leur nid dans les classes, ce sont les livres. Voilà le but de la collection Éducation-Recherche des Presses de l’Université du Québec. Entrevue avec sa directrice, Nadia Rousseau, également professeure au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Quel est le grand défi actuel en éducation?
Contrairement à d’autres domaines de recherche, plusieurs se croient spécialistes de l’éducation par le simple fait d’être allé à l’école. Résultat : de nombreuses pratiques vont à l’encontre des connaissances issues de la recherche. Tout comme dans les autres secteurs, la recherche en éducation respecte les normes de rigueur scientifique. Il faut davantage valoriser ces connaissances.

Quel est l’impact de la recherche en éducation sur le système scolaire?

Nadia Rousseau. Photo: UQTR

La recherche nourrit la formation initiale des enseignants, la formation continue et les réflexions des décideurs, mais certains défis demeurent. Par exemple, certains enseignants s’informent régulièrement des dernières recherches en sciences de l’éducation. Cela leur permet de réfléchir sur leur pratique et de se perfectionner. Le recours à la recherche varie toutefois énormément d’une commission scolaire à l’autre, d’une école à l’autre, d’un enseignant à l’autre. D’ailleurs, pour rendre la recherche encore plus accessible sur le terrain, nous avons créé la collection Éducation-Intervention.

Quels sont les sujets de recherche clés à l’heure actuelle?
Nous explorons particulièrement la gestion de la diversité pour maximiser les possibilités d’apprentissage chez les individus en fonction de leurs besoins, de leur réalité culturelle, etc. Elle se décline sous différents angles, comme la gestion de la classe, la différenciation des approches pédagogiques, la conception universelle de l’apprentissage, la formation continue, etc. Alors que plusieurs voient la diversité comme un défi, la littérature scientifique tend à démontrer que c’est aussi une force qui contribue à la richesse de la classe. Le bien-être à l’école, la planification des apprentissages, le recours aux technologies, l’engagement des élèves de même que l’éducation des jeunes adultes retiennent aussi l’attention des chercheurs.

Les approches pédagogiques au Québec sont-elles innovatrices?
Il existe plusieurs approches pédagogiques, mais le vrai défi est d’arriver à bien les maîtriser et à les utiliser de façon novatrice pour mieux répondre aux besoins de l’apprenant. Par exemple, pour aller vers l’inclusion de tous les élèves en classe ordinaire, le Québec a dû et doit continuer à renouveler ses pratiques en s’appuyant sur les connaissances scientifiques. D’ailleurs, on gagnerait à s’inspirer de l’expérience des écoles francophones hors Québec. On y a graduellement mis en place l’inclusion depuis les années 1970 et, pour y arriver, le milieu scolaire a dû puiser dans la recherche. On note également des initiatives québécoises intéressantes, comme l’introduction de la programmation ou de la robotique en classe, le déploiement de pratiques universelles en contexte collégial, la classe flexible, etc. Le défi de l’innovation ne réside donc pas tant dans les initiatives locales que dans les initiatives pan-québécoises. Je me permets d’ajouter que le contexte universitaire gagne aussi à innover en matière d’approches pédagogiques susceptibles de maximiser l’engagement des étudiants!

Y a-t-il des améliorations à apporter au système d’éducation?
Je pense notamment aux jeunes qui vivent des difficultés à l’école et à qui notre système enlève tout pouvoir d’action, en leur imposant des orientations scolaires. Ensuite, on s’étonne que ces jeunes ne soient plus motivés à 16 ans et qu’ils ne sachent plus quoi faire de leur vie. On aurait avantage à les faire réellement participer à la prise de décision concernant leur parcours. C’est comme ça qu’ils pourront persévérer, atteindre leurs objectifs et même les dépasser.

Du côté des études supérieures, les universités et praticiens gagnent tous à se rapprocher. D’ailleurs, il s’agit là d’un enjeu majeur pour la formation continue des enseignants et pour l’adoption de modes de publication diversifiés qui rejoignent tant les praticiens que les chercheurs.

À VOIR

«Les enjeux associés à l’inclusion scolaire», une capsule vidéo mettant en vedette Nadia Rousseau:

Les enjeux associés à l’inclusion scolaire from Presses UQ on Vimeo.

Publicité

À lire aussi

En partenariat avec l'Université du Québec
En partenariat

S.O.S. : forêts québécoises menacées

Dans les prochaines années, le visage de la forêt québécoise se métamorphosera, et pas pour le mieux. Sa survie passe par l’accroissement de sa biodiversité.
Maxime Bilodeau 14-11-2019
EN PARTENARIAT AVEC LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC
En partenariat

Les Presses de l’Université du Québec: 50 ans de savoir

C'est avec grand plaisir que nous vous présentons le magazine anniversaire conçu pour les 50 ans d’édition savante aux Presses de l’Université du Québec (PUQ).
EN PARTENARIAT AVEC L'INSTITUT DE CHIMIE DU CANADA
En partenariat

Vaincre la malaria une protéine à la fois

Des chercheurs révèlent la structure d’une protéine qui pourrait devenir une cible pour les médicaments contre la malaria.