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Culture

Le meilleur de la culture scientifique – octobre-novembre 2020

16-10-2020

Image: ONF

Voici les propositions culturelles de notre journaliste: courts métrages, livres, balado et sons pour s’évader.

Regarder

Songes de nuits en région

Le Projet 5 courts, c’est une histoire de rencontres. Rencontres entre des artistes et les régions du Québec, rencontres entre l’image et le son. Dans cette quatrième édition dont les courts métrages ont comme toile de fond le Bas-Saint-Laurent, on a aussi droit à un tête-à-tête original entre la science et l’art. Avec Manège nocturne, les songes de rêveurs anonymes sont juxtaposés à des données sur l’activité cérébrale pendant une nuit de sommeil. À l’affût offre un apaisant bain de forêt parfumé d’une réflexion sur l’influence de la nature sur l’humain. Les bribes de conversation d’Il va faire beau demain mettent en exergue l’importance de la météo dans nos vies et l’incertitude de ses prévisions, tandis qu’on suit un robot de la tourbe semblable à Wall-E dans Buttes. Une immersion sensorielle à expérimenter en solo, le casque d’écoute bien vissé sur la tête.

Projet 5 courts : Bas-Saint-Laurent, 4e édition, à regarder gratuitement sur le site de l’ONF, onf.ca/selection/projet-5-courts-4e-edition/

Écouter

Destins animés

Ça y est, il est venu le temps de partager avec vous ce petit bijou que je chéris précieusement et que je réserve aux journées dénuées d’arc-en-ciel. Dans chaque épisode du balado Everything is Alive, un nouvel objet s’anime et fait voir la vie sous son unique « point de vue ». Ainsi, un stéthoscope, un test de grossesse, un grain de sable, une bouteille de cola s’épanchent tour à tour sur les défis de leur quotidien et leurs aspirations dans des improvisations de qualité. Everything is Alive est aussi divertissant qu’instructif grâce aux surprenantes entrevues qui donnent un autre souffle à ces vibrants échanges anthropomorphiques, livrés sur le ton de la confidence.

Everything is Alive, épisodes de 20 à 30 minutes, everythingisalive.com. En anglais.

Passeport pour évasion sonore

Pour varier « l’apaisant » martèlement des travaux de la voirie et camoufler le « mélodieux » cri de la scie d’établi de votre voisin, mettez un peu de campagne dans vos oreilles en vous offrant une virée (gratuite !) dans la sonothèque du Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Grâce à la généreuse banque d’échantillons dûment intitulés, assistez, les yeux fermés, au lever du jour dans les falaises normandes, écoutez la grive musicienne vous conter fleurette et profitez d’une pause bien méritée près des torrents d’un glacier des Alpes. Un aller-retour dans les forêts et vallées françaises juste assez dépaysant pour quiconque a besoin de changer d’air.

Sons à télécharger sur la sonothèque du Muséum national d’histoire naturelle, sonotheque.mnhn.fr

Lire

Fascinante bestiole

L’humain, un animal comme les autres ? Dans La vraie nature de la bête humaine, une réflexion très « en dehors de la boîte » sur ce qui le distingue intrinsèquement du manchot ou du cerf, on constate que c’est loin d’être le cas. L’auteur et professeur émérite de biologie à l’Université Laval, Cyrille Barrette, offre un captivant cours magistral où il nuance les principes de l’évolution et de la sélection naturelle, décortique la nature humaine et détaille notre singularité. En quoi sommes-nous si exceptionnels et uniques ? Par notre aptitude à meubler notre vie avec des choses « inutiles » (en vrac : entreprendre un voyage gourmand, s’épiler les aisselles, faire du ballet) ; notre penchant pour les activités « nuisibles » et risquées (des sports extrêmes à la chasteté volontaire, une façon, quand on y pense bien, de « rater sa vie biologique ») ; ou encore notre capacité à nous projeter dans le futur. L’unicité humaine est étalée sans jugement, et c’est avec un vif intérêt que l’on contemple ce portrait-robot de nous.

La vraie nature de la bête humaine, par Cyrille Barrette, Éditions MultiMondes, 320 p.

Petits héros de la nature

Tous les parents vous le diront : les enfants nous donnent l’occasion de découvrir une foule de choses sur des sujets auxquels on a rarement réfléchi − et qui, pourtant, mériteraient notre attention. L’album documentaire Abeilles et vers de terre braque sa loupe sur deux petits êtres essentiels à notre survie : les ouvrières de la ruche et les précieux lombrics, dont le travail de l’ombre est superbement mis en lumière. Chaque thème (les saisons, la reproduction, la vie en ville, les gestes pour les protéger) est illustré sur deux pages : les abeilles dominent la moitié supérieure tandis que le bas nous plonge dans le réseau souterrain des lombrics. À coups de capsules éducatives parfois assez pointues, on entre autant dans les menus détails comme le taux de mortalité des vers lors des labours (!) qu’on en apprend sur le cocktail de substances composant le venin de l’abeille. Les geeks d’insectes âgés de 8 à 12 ans (et plus) en redemanderont.

Abeilles et vers de terre, par Florence Thinard et Benjamin Flouw, Gallimard Jeunesse, 45 p.

Une méthode scientifique à enseigner

Alors que la science et les connaissances actuelles pourraient régler plusieurs maux − tels que la dégénérescence rétinienne, la baisse de la fertilité humaine et nombre de cancers liés aux perturbateurs endocriniens −, l’auteur et enseignant-chercheur français Jean-Marie Vigoureux remarque qu’on ne résout pourtant pas les problèmes à la source, trop intéressé qu’on est par l’appât du gain. Et c’est cette marchandisation de la science qu’il dénonce dans Détournement de science : être scientifique au temps du libéralisme. Avec conviction et passion, il déplore que la justice sociale soit évacuée au profit de l’efficacité économique, remontant jusqu’aux balbutiements de la science moderne pour défendre sa thèse. Il invite à réfléchir de façon éthique aux choix de la collectivité devant les problèmes environnementaux et sociaux tout en brandissant l’urgence d’éduquer les gens à une pensée scientifique et philosophique afin de se donner les véritables moyens de rendre le progrès accessible à tous.

Détournement de science : être scientifique au temps du libéralisme, par Jean-Marie Vigoureux, Écosociété, 216 p.

 

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