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Culture

Le meilleur de la culture scientifique – décembre 2019

09-12-2019

Voici ce qui a retenu l’attention de notre journaliste dans le monde culturel: balado aventurier, documentaire sur la place de l’humain dans l’Univers et livres pour tous les curieux.

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La pause-café des aventuriers

On connaît National Geographic pour ses photoreportages spectaculaires. Le magazine fait cette fois le pari de nous éblouir en version audio. Son balado Overheard at National Geographic lui permet de travailler à l’oreille les sujets qui animent les explorateurs de son équipée pendant la pause-café. Ils nous ouvrent un pan de l’univers des dynasties égyptiennes à l’occasion d’une plongée sous-marine dans une pyramide immergée et nous initient à la culture des baleines en abordant leurs chants dignes des succès pop de l’heure. Concis et passionnant.

Overheard at National Geographic, épisodes de 15 à 20 minutes sur votre plateforme de balados préférée. nationalgeographic.com/podcasts/overheard

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Nombril du monde

Tout ce qui monte redescend. L’égo surdimensionné de l’humain en prend pour son rhume dans Une espèce à part de la chaîne ARTE. Ce documentaire, cousu en 10 chapitres, nous rappelle élégamment la place insignifiante que nous occupons dans l’Univers. La voix apaisante de la narration enchaîne les statistiques impressionnantes sur les petits miracles qu’accomplissent au quotidien les astres, les microorganismes et les mammifères pendant que l’humain s’applique à se regarder et à consommer. C’est doux, mais ça secoue.

Une espèce à part, par ARTE, à voir en version intégrale à l’adresse suivante : bit.ly/2KEsXjG

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Douce évolution

Pas facile, même pour les grands, de comprendre certains chapitres de l’histoire de la vie sur Terre. Le livre Étonnante évolution : l’aventure de la vie s’est prêté volontiers au jeu de la vulgarisation. De la sélection naturelle à la catégorisation des organismes, ce documentaire jeunesse joliment illustré réussit avec succès sa mission, prenant soin de découper les concepts de l’évolution en bouchées fort digestes. Assez loquace pour tenir vos huit ans et plus absorbés pendant de longues minutes d’affilée, il se révèle suffisamment captivant pour que les adultes aient aussi envie d’y plonger. Entre les paragraphes plus détaillés se glissent ici et là des capsules fascinantes, par exemple sur les chercheurs ayant contribué à mieux comprendre le monde − telle la paléontologue britannique Mary Anning − ou sur notre ADN qui compte plus de similitudes qu’on pense avec celui des mouches à fruits. Une foule d’anecdotes adorables sont savamment insérées pour nous faire lancer des «Wow!» et des «Cuuuuute!» Saviez-vous que les loutres se tiennent la main la nuit pour ne pas s’éloigner les unes des autres ? Mignon à la puissance mille!

Étonnante évolution : l’aventure de la vie, par Anna Claybourne, illustré par Wesley Robins, Éditions Hurtubise, 80 p.

 

Ça coule de source

Certains rêvent de l’Everest. La cinéaste et plongeuse Nathalie Lasselin, elle, aspirait à un autre genre d’extrême : entreprendre une plongée sous-marine de 70 km dans les eaux hostiles du fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de l’île de Montréal. Dans le livre Sous le fleuve, l’odyssée, elle fait le récit de cette épopée personnelle à laquelle elle a harnaché un volet scientifique. Puisque ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une fille assez motivée pour se promener dans ces flots frisquets et troubles, le Département de chimie de l’Université de Montréal en a profité pour lui demander de récolter des échantillons. L’objectif : évaluer les contaminants présents dans ce cours d’eau qui abreuve près de la moitié de la population du Québec. De la préparation à la plongée, l’auteure nous explique la route qu’une partie de ces eaux empruntent avant d’être transformées en eau potable et nous présente brièvement la flore et la faune aquatiques. Inutile de dire que cette ode au fleuve se boit d’un trait.

Sous le fleuve, l’odyssée : à la rescousse du Saint-Laurent, par Nathalie Lasselin, Éditions MultiMondes, 184 p.

 

Du piquant dans votre hiver

Notre pire ennemi est un être à peine plus grand qu’un grain d’orge. Bien qu’il s’écrase sous la pointe de l’index, il aurait à ce jour décimé près de la moitié des êtres humains ayant vécu sur Terre. Puisqu’il est toujours bon de connaître ses adversaires − particulièrement ceux qui véhiculent les maladies les plus mortelles −, munissez-vous du livre The Mosquito : A Human History of Our Deadliest Predator d’ici le retour de la belle saison.

Après avoir piqué notre intérêt avec des faits ahurissants sur les maringouins (à mémoriser pour devenir le maître des histoires de peur autour du feu de camp), l’ouvrage se transforme en véritable saga historique. Le récit dense et détaillé est rythmé par les conquêtes, les chutes d’empires et les économies anéanties par des armées de ces soldats sanguinaires. Du Super Bowl à la passion pour les gins toniques des colonialistes britanniques en passant par l’amour des Romains pour les incubateurs à moustiques que sont les fontaines et les bains, l’auteur multiplie les anecdotes qui nous obligent à nous incliner bien bas devant l’ingéniosité et la résistance de ces insectes. D’autant plus qu’ils sont loin d’avoir terminé leur domination du monde. Après tout, ils en ont vu d’autres, puisqu’ils étaient là bien avant les dinosaures…

The Mosquito : A Human History of Our Deadliest Predator, par Timothy C. Winegard, éditions Allen Lane, 486 p.

 

Le destin d’un antihéros de la microbiologie

La communauté scientifique du siècle dernier pouvait bien regarder de haut ce drôle d’oiseau qu’était le chercheur Félix d’Hérelle. De distillateur à chocolatier, ce Franco-Canadien est devenu un brillant microbiologiste présélectionné 28 fois pour le Nobel − sans jamais le remporter. Autodidacte, il a découvert les bactériophages, ces virus qui s’attaquent aux bactéries les plus menaçantes, comme celle de la peste. Ses trouvailles ont toutefois été éclipsées par le succès des antibiotiques.

L’ancien rédacteur en chef de Québec Science Raymond Lemieux a bien choisi son moment pour revenir sur le parcours décoiffant du scientifique obstiné. Car 100 ans après les premiers essais cliniques du chercheur, les phages sont de nouveau appelés à la rescousse pour affronter les plus viles infections bactériennes. Avec en main Félix d’Hérelle : trop rebelle pour le Nobel, les lecteurs feront à leur tour de passionnantes découvertes.

Félix d’Hérelle : trop rebelle pour le Nobel, par Raymond Lemieux, Éditions MultiMondes, 240 p.

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