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Technologie

Il faut protéger les enfants des iPhones, clament des actionnaires d’Apple

09-01-2018

Deux actionnaires d’Apple demandent au géant californien d’agir contre les effets de la dépendance aux iPhones et autres écrans chez les enfants.

Après l’ancien cadre de Facebook qui a affirmé fin 2017 que le réseau « déchire le tissu social », c’est au tour de deux actionnaires d’Apple d’appeler à la prudence vis-à-vis des nouvelles technologies.

Dans une lettre adressée à la direction d’Apple et consultable ici, le California State Teachers’ Retirement System, ou Calstrs, et Jana Partners LLC (qui possèdent 0,2% du capital de l’entreprise), ont appelé le géant à mettre en place des solutions pour lutter contre la dépendance des jeunes à leur téléphone.

« Nous croyons qu’Apple doit offrir aux parents plus de choix et d’outils pour les aider à s’assurer que les jeunes consommateurs utilisent les produits Apple de manière optimale », souligne le courrier. Plus de 10 ans après la sortie du premier iPhone, les actionnaires s’inquiètent de l’omniprésence des produits Apple auprès des enfants et des adolescents, et de l’utilisation croissante des réseaux sociaux. « (…) De plus en plus de données montrent, du moins pour certains des jeunes utilisateurs les plus assidus, que cette habitude peut avoir des conséquences négatives ».

Des études inquiétantes

Les auteurs citent notamment une étude de l’université d’Alberta menée auprès de 2300 enseignants, qui a montré que 67% d’entre eux considèrent que les étudiants sont de plus en plus déconcentrés par les technologies numériques en classe. Pire, 75% des profs estiment que la capacité de concentration des jeunes sur des tâches éducatives a diminué au cours des dernières années.

La lettre cite également des travaux qui ont montré que les adolescents qui passent plus de 3 heures par jour devant un écran ont 35% plus de risque que les autres de se suicider (et ce risque augmente de 71% chez ceux qui passent plus de 5 heures devant leur téléphone ou leur ordinateur).

Enfin, elle pointe les troubles du comportement associés à cette addiction numérique. Des chercheurs américains avaient d’ailleurs constaté en 2014 qu’après un sevrage numérique de 5 jours, les enfants obtenaient de bien meilleurs résultats aux tests d’empathie, où ils devaient reconnaitre et analyser les émotions sur des photos de visages humains, que leurs pairs restés « connectés » aux écrans.

Cet appel à la vigilance fait écho à des inquiétudes de plus en plus palpables chez les médecins et scientifiques, qui remarquent une dépendance réelle de plusieurs jeunes aux « écrans ».

Selon un sondage mené aux États-Unis en 2016 par Common Sense Media, 50% des adolescents se considèrent d’ailleurs dépendants à leur téléphone.

Et cet abus peut débuter tôt. Ainsi, en mai dernier, un médecin français s’inquiétait des dangers liés à une exposition croissante des bébés et jeunes enfants aux écrans. Selon elle, cette habitude entrainerait des symptômes comparables à ceux de l’autisme, empêchant notamment le développement du langage – des assertions qui n’ont toutefois pas été confirmées par des études scientifiques.

Reste que le phénomène est mondial, et que l’on manque encore de recul pour comprendre les conséquences d’une telle « consommation » abusive.

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