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Technopop

Les CV sous l’oeil de l’IA

26-08-2019

Image: Gerd Altmann/Pixabay

Si on n’y prend garde l’IA perpétue nos biais dans le recrutement de nouveaux employés. Mais pourrait-elle aussi nous en sauver ?

Les programmes d’Amazon croyaient avoir bâti une machine de rêve : une intelligence artificielle (IA) qui trierait les curriculum vitae pour en tirer les meilleurs candidats. Comme d’autres, ils ont cru que la technologie était la réponse à tous leurs maux. Mais ils ont oublié que la machine est à l’image des humains qui la conçoivent : bourrée de préjugés.

Entraîné à analyser des CV généralement soumis par des hommes (qui composent la majorité de la main-d’œuvre dans les technologies), le système a «appris» à discriminer les femmes. Ainsi, l’outil pénalisait les dossiers de candidature qui présentaient le mot femme, comme dans «présidente du groupe de femmes en IA» ; il déclassait ceux qui comportaient des noms de collèges féminins. Amazon a abandonné son outil à l’automne 2018.

De toute évidence, si l’on n’y prend garde, l’intelligence artificielle perpétue nos idées préconçues dans le recrutement d’employés. Mais pourrait-elle aussi nous en libérer ? Voici trois compagnies qui y travaillent.

Les mots utilisés dans les offres d’emploi sont importants, notamment parce qu’ils peuvent décourager certains candidats de postuler. Le logiciel de la jeune entreprise américaine Textio analyse les offres d’emploi et relève quels mots sont subjectifs pour en suggérer d’autres. Par exemple, les femmes sont souvent interpellées par le mot collaboration.

Si vous êtes passé avec succès à travers le processus de présélection, vous pourriez être convoqué à une entrevue filmée par l’outil HireVue. Celui-ci répertorie les compétences, les attributs et les comportements des meilleurs employés de l’entreprise qui ont été embauchés dans le passé, puis établit le profil idéal pour un poste similaire. Le candidat est donc noté sur la probabilité d’être «bon».

L’entreprise Mya engage quant à elle la conversation avec des candidats par texto, à la manière d’un robot de clavardage (chat bot). En quelques minutes, son outil exclut les candidats sur la base d’un modèle d’évaluation préprogrammé ou les fait passer à la partie suivante du processus d’embauche.

Le mieux est l’ennemi du bien : malgré toutes leurs bonnes intentions, ces compagnies fondent généralement leur modèle sur l’attribution d’une note, en comparant le profil soumis avec les candidats qui ont fait bonne figure par le passé. Je ne peux m’empêcher de penser aux gens qui n’ont pas un parcours classique. Ces marginaux réussiront-ils à trouver un emploi ? Veut-on vraiment des employés qui se ressemblent tous ? N’y a-t-il qu’une seule façon de mesurer la compétence ? À l’heure où l’on considère la diversité dans les organisations comme une richesse, il me semble que l’IA cherche plutôt à nous enfermer dans un modèle unique de réussite, et je vous avoue avoir un peu peur pour l’avenir.

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