Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook VQ  velo.qc.ca 
10 découvertes 2013

[8] Le double jeu de la morphine

Université Laval
Par Dominique Forget - 26/11/2013
L’orgueil mâle peut entraîner de graves conséquences. Daniel Lévesque l’a appris, en 2008, quand il a voulu impressionner les amies de sa nièce venues se prélasser un après-midi d’été à son chalet des Laurentides. Le banquier, qui n’avait jamais fait de ski nautique de sa vie, s’est laissé tirer par le bateau moteur pour tenter quelques figures. Il a en raté une. Avant d’avaler la tasse, il a senti sa colonne vertébrale claquer. Sa vie venait de basculer. Aujourd’hui, il lui arrive encore de figer en se levant de sa chaise après une longue journée au bureau.


Photo:Bettina Salomon/SPL

Quand la douleur devient insoutenable, il voit son médecin qui lui administre une injection de morphine. «C’est ma planche de salut», dit l’homme de 52 ans. Au fil des années, il a fallu augmenter légèrement la dose pour le soulager. C’est que, avec le temps, comme beaucoup de patients, il a développé une tolérance à la morphine.

Depuis un an environ, le médicament semble même ne plus du tout apaiser sa douleur. En fait, Daniel n’a jamais eu autant mal. Chez certaines personnes qui souffrent de douleurs chroniques, les doses répétées de morphine finissent par causer une hypersensibilité. Même une simple caresse est insoutenable. Le remède devient la source du mal!

«On a longtemps pensé que le mécanisme biologique responsable de la tolérance à la morphine était le même que celui lié à l’hypersensibilité», raconte Yves De Koninck, pro­fesseur au département de psychiatrie et de neurosciences de l’Université Laval. «En fait, on pensait que l’hyper­sen­sibilité était une sorte de tolérance exacerbée. Nous avons démontré que ce n’est pas le cas. Il s’agit de deux mécanismes complètement séparés.»


Lire la suite dans Québec Science (janvier février 2014)





Les 10 découvertes de l'année 2013