Illustration : Glenn Harvey
Nos outils technologiques capturent de précieuses informations sur nos habitudes de vie, nos déplacements et nos opinions. De quoi alimenter des systèmes de surveillance de plus en plus organisés et à une échelle sans précédent…
Le document de 168 pages détaille chaque appel que j’ai passé entre 2024 et 2026. L’heure précise et le numéro composé sont indiqués, et un identifiant indique de quelle tour téléphonique l’appel est parti et à laquelle il est arrivé – bref, ma localisation et celle de mes interlocuteurs et interlocutrices. Pour obtenir cette information, il m’a simplement fallu faire une demande auprès de mon fournisseur téléphonique en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE). Un mois plus tard, j’obtenais une pile de documents PDF qui détaillaient ma vie des deux dernières années.
Cette démarche a rendu visible une réalité qui semble parfois intangible : la compagnie qui m’offre des services téléphoniques sait beaucoup de choses sur moi. Où j’étais, quand et avec qui je communiquais. Le type de fichier que j’ai texté à mes proches – une photo le 13 septembre 2025 à 21 h 27 ; un « son » à 22 h 01 le 6 janvier dernier.
Cette entreprise n’est pas la seule à en savoir beaucoup à mon sujet.