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Reportages

Ménopause: faut-il craindre l'hormonothérapie?

Par Marine Corniou - 16/02/2017
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Bouffées de chaleur, sudation nocturne, sécheresse vaginale, troubles du sommeil : la ménopause s’accompagne de nombreux inconforts causés par l’arrêt de la production des hormones ovariennes.

Il y a un siècle, on proposait d’ailleurs aux femmes d’ingérer des ovaires frais de vache pour compenser cette absence hormonale en cas de symptômes gênants ! Si le traitement d’aujourd’hui est moins farfelu, le principe demeure le même : administrer des œstrogènes et de la progestérone (sous forme de pilules, patchs, implants, gels).

La pertinence du traitement hormonal de la ménopause (THM) fait toutefois l’objet de débats depuis plusieurs années. En 2002, une vaste étude a semé la confusion et le doute, y compris chez les médecins, en suggérant que le THM augmentait le risque de cancer du sein.

Depuis, ces données ont été analysées de nouveau, les méta-analyses et les suivis de cohortes se sont multipliés (il y a plus de 2 000 articles scientifiques sur le sujet), et on a une meilleure vision du rapport risques/bénéfices. Comme le résume un document de 2015 de la Endocrine Society, le traitement est bénéfique pour la majorité des femmes âgées de 50 à 60 ans ou ménopausées depuis moins de 10 ans, et qui n’ont aucun facteur de risque cardiovasculaire important ni antécédent de cancer du sein.

Comme le risque de cancer du sein est corrélé à la durée du traitement et à la dose, il est recommandé d’utiliser la dose efficace la plus faible possible, et la plupart des spécialistes conseillent de limiter, idéalement, le traitement à cinq ans ou moins.

Notons que l’augmentation du risque est faible : sur 10 000 femmes, environ 450 auront un cancer du sein entre 50 et 70 ans, et il y en aura 8 de plus si elles suivent un THM depuis 5 ans ou plus. D’autres données, publiées en 2015, indiquent que le risque de cancer de l’ovaire serait lui aussi augmenté (un cas de plus par groupe de 1 000 femmes sous THM pendant 5 ans).

Si ces risques ne peuvent être ignorés, l’inconfort lié à la ménopause doit aussi entrer dans l’équation. Bien souvent, le THM permet d’améliorer nettement la qualité de vie des femmes. Or, chez plus de la moitié d’entre elles, les symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur et sueurs) durent plus de 7 ans, selon une étude menée auprès de 1 500 femmes et publiée en 2015 dans JAMA Internal Medicine.

Les femmes chez qui les symptômes apparaissent avant l’arrêt des règles sont les plus à plaindre, puisque la durée médiane de leur inconfort atteint 11,8 ans. Des chiffres à garder en tête pour faire un choix éclairé.

 
Bouffées de chaleur : c’est dans l’ADN

Plus de 70 % des femmes vivent des bouffées de chaleur à la ménopause. Un nouvel élément a été mis au banc des accusés : la génétique. Plus particulièrement une région du chromosome 4. C’est ce qu’a découvert une équipe de chercheurs dirigée par Carolyn Crandall de l’université de Californie à Los Angeles, en analysant le génome de près de 17 700 femmes âgées de 50 à 79 ans.

On savait déjà que l’origine ethnique, l’indice de masse corporelle, le niveau d’éducation, le tabagisme, l’anxiété et la dépression étaient des facteurs liés au risque de souffrir de bouffées de chaleur.

La découverte, publiée dans Menopause, permettra de travailler sur de nouveaux types de traitement.


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