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Connaissez-vous le grolar ?

08-02-2019

source: Wikimedia Commons

Son nom peut faire sourire, mais tu ne souhaites pas le rencontrer dans la nature. Fruit du croisement entre un grizzly et un ours polaire, le grolar possède les dimensions et la puissance impressionnantes de ses parents.

Ce nom bizarre est un mélange des mots grizzly et polar. Animal hybride, on le voyait seulement en captivité depuis les années 1970, dans des zoos où l’on met le gros brun et le gros blanc dans un même enclos. Mais on croyait qu’il s’agissait d’exceptions qui ne pouvaient survenir que dans ces conditions de captivité non-naturelle.

Mais voilà que, au grand étonnement des biologistes, on en a trouvés dans la nature, tout au nord du Canada. C’est un individu chassé en 2006 qui a attiré l’attention des biologistes. Son pelage était blanc, mais il avait des anneaux bruns autour des yeux et ses griffes rappelaient celles des grizzlys. L’analyse de son ADN a démontré qu’il était effectivement un mélange d’ours blanc et d’ours brun.

Car il faut savoir que ce que l’on appelle un grizzly (Ursus arctos horribilis) est en fait une sous-espèce de l’ours brun (Ursus arctos). Les données paléontologiques et génétiques montrent que les bruns et les blancs descendent d’un ancêtre commun. Il est difficile de déterminer à quel moment ils se sont séparés, mais il s’agit au moins de quelques centaines de milliers d’années.

S’ils ont évolué en deux espèces distinctes, la barrière ne semble pas s’être refermée entre les deux puisqu’ils parviennent encore à se reproduire et à engendrer des rejetons fertiles, c’est-à-dire qui peuvent se reproduire à leur tour, chose plutôt rare chez les hybrides. En effet, les chevaux et les ânes, par exemple, peuvent se croiser et donner naissance à des mulets, mais ces derniers ne peuvent pas se reproduire à leur tour, preuve que la « barrière » des espèces est bien fermée entre chevaux et ânes.

Ce n’est pas sans rappeler le cas des canidés d’Amérique du Nord : loups, coyotes et chiens peuvent s’accoupler sans contraintes et nombreux sont les loups qui possèdent des gènes de coyotes, et inversement. Les ours sont un autre exemple où la frontière entre espèces est plutôt floue.

Sur le terrain, les ours blancs et les ours bruns s’accouplent plus souvent parce qu’ils se rencontrent de plus en plus souvent à cause du réchauffement du climat. Le nord devient plus chaud, alors les grizzlys y montent; mais la banquise rétrécit, ce qui force les ours blancs à rester au sud. À long terme, certains biologistes s’inquiètent de la disparition de l’ours blanc par « absorption » dans la population des grizzlys; d’autres avancent plutôt que cette espèce en péril sera peut-être justement conservée grâce à ces croisements, puisque ses gènes resteront bien au chaud dans les cellules des grizzlys…

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