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Pourquoi la science est-elle fiable ? (3/3)

20-03-2019

Photo: Pexels

L’activité scientifique repose sur une méthode rigoureuse et sur un processus de publication difficile, tout cela dans le but de rendre la science fiable afin de continuer d’avancer sur du solide. Mais est-elle si fiable pour autant?

La science est faite par des humains, et comme tous les humains ne sont pas égaux en vertu, cela signifie malheureusement qu’on y trouve des escrocs, comme ailleurs. Des gens peuvent essayer de contourner les règles ou de se faufiler entre elles pour produire du « savoir » qui est douteux et discutable. Heureusement, certaines escroqueries finissent par être révélées.

La tyrannie de la publication

Les chercheurs modernes travaillent souvent dans des instituts ou des universités et doivent régulièrement faire des demandes de subventions auprès des gouvernements pour financer leurs projets de recherche. Or, parmi les critères des organismes subventionnaires, il y a le nombre d’articles scientifiques déjà publiés. Plus on a publié, plus facilement on est financé; les chercheurs ont donc avantage à publier souvent. En anglais, on dit publish or perish; publie ou péris.

Mais ce n’est pas si facile. Les revues ont des critères très stricts et une recherche faite en vitesse avec une méthode un peu molle a peu de chance d’être acceptée. Mais il existe de « fausses revues », des revues dont les critères sont beaucoup plus souples et dans lesquelles il est facile d’être publiés, moyennant un peu d’argent. Ces revues bidons, appelées « revues prédatrices », ont l’air de vraies et avec un peu de chance, mentionner ces publications dans une demande de subvention peut passer inaperçu.

Le conflit d’intérêt

Le financement de la recherche est vraiment le talon d’Achille de la science. Pour financer leurs travaux, des chercheurs vont parfois se tourner vers des compagnies privées. Or, ces compagnies voulant faire de l’argent, elles n’ont pas intérêt à ce que les résultats des recherches soient défavorables pour eux. Par exemple, une étude révélant que le sirop d’érable est excellent pour la santé pourrait être douteuse si elle a été financée par des producteurs de sirop d’érable. Les résultats ne sont pas nécessairement faux, mais il faut rester méfiant et comparer avec des recherches indépendantes.

L’appât du gain

Parfois, ce sont les chercheurs eux-mêmes qui peuvent empocher gros si leurs résultats de recherche sont « bons ». Si par exemple un scientifique développe un nouveau vaccin contre une maladie, mais qu’il existe déjà un vaccin pour cette maladie, il sera avantageux pour lui de publier une étude qui discrédite le premier vaccin, afin de vendre le sien. C’est exactement ce qui s’est passé en 1998 lorsqu’un chercheur britannique du nom d’Andrew Wakefield a publié une étude proposant que le vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et les rubéoles (ROR) pouvait causer l’autisme. Après quelques années, les autres chercheurs ne parvenant pas à obtenir les mêmes résultats de Wakefield, on a découvert qu’il avait produit de faux résultats pour vendre un nouveau vaccin de sa conception.

Malheureusement, même si l’étude de Wakefield a été rétractée et qu’il a été radié comme médecin, le mal était fait : des millions de parents doutent maintenant de la sécurité de TOUS les vaccins et la couverture vaccinale de certaines régions du globe descend tellement que des maladies d’un autre âge, comme la rougeole, sont en train de refaire surface.

Il y a eu plein de fraudes scientifiques de toutes sortes, avec des conséquences qui peuvent être lourdes. Mais les chercheurs sont vigilants et finissent par les repérer. Tu aimes jouer au détective? Deviens chercheur!

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