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Quand le cerveau devient accro

19-05-2015

Tabac, alcool, cocaïne… Quel point toutes ces substances ont-elles en commun ? Elles créent des dépendances en augmentant dans notre cerveau la quantité disponible d’hormone du plaisir, la dopamine.

Excitantes, endormantes, relaxantes, les drogues ont le pouvoir de modifier nos sens et notre comportement. Mais pas sans conséquences. En plus des multiples effets négatifs sur le corps, ces substances peuvent engendrer des dépendances. La vie de la personne tourne alors autour de la nécessité de se procurer sa « dose »… La clé du problème réside dans le cerveau.

Toutes les informations arrivent et partent de notre cerveau en circulant entre ses quelque 86 000 neurones sous forme d’influx nerveux. Lorsque l'influx arrive à l’extrémité d’un neurone, il doit passer au neurone suivant, mais ceux-ci ne se touchent pas. Il déclenche alors la production de neurotransmetteurs, des molécules chimiques qui ont un rôle de messager entre deux neurones. Les neurones sont équipés de récepteurs à leur surface pour capter ces neurotransmetteurs.

Si une photo d’une boisson alcoolisée est montrée à une personne dépendante à l'alcool, l’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) montrera une activation d’une zone bien spécifique dans son cerveau : le circuit de la récompense. Celui-ci est lié aux fonctions vitales de l’organisme – la faim, la soif et la reproduction – et joue donc un rôle primordial dans la survie de notre espèce.

En temps normal, lorsque l'on boit de l'eau pour étancher notre soif, un neurotransmetteur spécifique, la dopamine, est produit jusqu’à ressentir un sentiment de bien-être, c’est pour cela que l’on parle d’hormone du plaisir. Les drogues ont pour effet d’augmenter la quantité de dopamine donc la sensation de plaisir. Pour ces personnes, le seuil de récompense devient de plus en plus difficile à atteindre et les fonctions vitales ne suffisent plus, c’est pour cela que la personne a besoin de drogue pour se sentir bien. Ainsi la simple vue, ou le fait de penser à la substance désirée provoque une production accrue de dopamine. Des études ont révélé que le circuit de la récompense joue un rôle important dans tous les types de dépendances, même celles aux jeux ou à la nourriture…

D’autres neurotransmetteurs sont également impliqués, notamment le glutamate, responsable du passage de l’envie à la dépendance. Sa sécrétion entraine une excitation des neurones. L’alcool par exemple bloque l’effet du glutamate et produit ainsi un sentiment d’apaisement. Cependant lorsque la substance est éliminée par le corps, une grosse quantité de glutamate est captée par les neurones : la personne est agitée ! Elle va donc boire de l’alcool pour s’apaiser, mais l’effet ne sera que temporaire. Les études ont révélé que le glutamate intervient dans la dépendance à plusieurs drogues.

Mais comment se sortir d’un tel cercle vicieux ? Le sevrage est la seule solution pour en finir avec les drogues. L’arrêt de la substance doit se faire de façon progressive et supervisée par une personne qualifiée. En effet, l’arrêt d’une drogue entraine des symptômes souvent opposés à ceux que provoque la consommation. Il faut laisser le temps à l’organisme de rétablir l’équilibre des neurotransmetteurs du cerveau. Cela peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines selon la nature de la drogue et la quantité consommée.

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