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13 mars 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Journaliste scientifique

Marie-Pier lors du tournage de l’émission Métiers des profondeurs (PVP MÉDIA). Photo : Stéphanie Rheault / PVP MÉDIA

Tu veux tout savoir, de l’histoire des dinosaures au fonctionnement du cerveau en passant par les secrets des trous noirs ? Transforme ta curiosité en carrière et deviens journaliste scientifique !

Le travail des journalistes scientifiques consiste à analyser et vulgariser la science pour le grand public. Ces journalistes dénichent leurs renseignements, en fouinant dans la littérature scientifique et en menant des interviews en personne. À la radio, à la télévision, à l’écrit, ou encore sur le web et les réseaux sociaux, leur travail est de communiquer leurs connaissances et combattre la pseudoscience, armé de leur sens critique… Exactement ce que nous faisons ici, dans la zone jeunesse du site de Québec Science !

Marie-Pier Élie: journaliste scientifique

Suite à l’obtention de la prestigieuse bourse Fernand-Séguin en 1998, Marie-Pier s’est lancée dans la carrière de journaliste scientifique. À ses débuts au magazine Québec Science, elle a mis sur pied un site web pour jeune public qui s’appelait Cybersciences junior, qui est devenu plus tard BUZZons – particules de science, puis qui a été intégré au site de Québec Science. C’est la section que tu lis en ce moment – et dont Maire-Pier est en quelque sorte la maman spirituelle. Depuis, elle a multiplié les prix et les projets d’envergure. On la voit partout : dans des magazines, à la télévision, à la radio. Elle co-anime l’émission Le Gros Laboratoire et fait partie de l’équipe de l’émission Les Décrypteurs. Bref, on la trouve partout où sa curiosité intarissable l’amène !

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Entrevue

Entrevue avec Marie-Pier

En quoi le journalisme scientifique se distingue-t-il des autres types de journalisme ?
Il ne se démarque pas tant que cela… Quand on parle de science, il est important de faire preuve de sens critique et de capacités à vulgariser, mais c’est également le cas pour les autres domaines spécialisés du journalisme. La politique et l’économie peuvent être très complexes aussi ! Ce sont les mêmes fondements, il s’agit d’aller chercher l’information la plus juste possible, et de la rendre accessible. 

Ton travail t’amène-t-il à voyager ?Oui, mais pour avoir cette chance, j’ai construit ma carrière en conséquence… Ça n’est pas arrivé sur un plateau d’argent ! Je me suisdébrouillée pour obtenir des bourses qui m’ont permis de faire des reportages dans d’autres pays, dont le Japon. J’ai aussi participé à un projet de mentorat où j’ai été jumelée à un journaliste d’un pays en voie de développement. 

 

Quelles sont les principales étapes dans la création d’un reportage ?
Il faut devenir une éponge à savoir, et lire sur le sujet pour s’en imprégner. Je rencontre ensuite les gens qui peuvent répondre à mes questions, idéalement en personne pour observer leur langage non verbal. Après l’entrevue, j’aime prendre un peu de recul pour laisser l’information mijoter dans ma tête.
Quand je commence à écrire, je trie d’abord les informations importantes, et je choisis l’ordre dans lequel elles apparaissent pour construire un récit fluide. Ensuite, je relis encore et encore, pour peaufiner le texte jusqu’à la moindre virgule. La dernière étape : lâcher prise et accepter un second regard sur notre travail !

Quelles sont les qualités qui te servent le plus dans ton travail ?
C’est très cliché, mais je dirais la curiosité. Si tu n’es pas intéressée, c’est difficile d’être intéressante !
Il faut aussi beaucoup d’humilité. L’important pour la journaliste n’est pas d’avoir l’air intelligent. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions «niaiseuses», parce que si on ne comprend pas, on risque de ne pas être compris non plus. 

En tant que journaliste scientifique, tu touches à tous les sujets : biologie, chimie, physique, etc. As-tu une discipline favorite ?
Non, j’aime tout, et je suis à l’aise dans tout !
Tellement de sujets valent la peine d’être mis de l’avant, et j’enrage lorsqu’on veut à tout prix axer sur ceux qui ont un impact immédiat dans la vie des gens. N’importe quel sujet, lorsqu’il est bien amené, peut-être vu comme d’actualité… Même l’avancement brut des connaissances !

Qu’est-ce qui t’a d’abord attiré vers cette profession ?
Très jeune j’avais déjà un intérêt pour la science, et j’aimais la communication aussi. Je ne savais juste pas que je pouvais gagner ma vie en faisant les deux. Je me dirigeais vers le journalisme scientifique sans même le savoir ! La bourse Fernand-Séguin a été l’élément déclencheur, et tout a déboulé par la suite.

Que préfères-tu entre la télévision, la radio et les reportages écrits ?
Je les aime tous pour des raisons différentes. Par écrit, je peux explorer un sujet en profondeur, contrairement à la télévision qui doit être brève et qui ne permet pas d’aborder autant de contenu. D’un autre côté, la télévision est plus efficace pour rejoindre les gens, tandis que la radio procure une impression de proximité avec les auditeurs. L’idéal est de pouvoir combiner les trois !

Qu’aimes-tu le plus de ton travail ?
Chaque rencontre sort de l’ordinaire ! J’ai la chance de tisser des liens avec des scientifiques, de m’immiscer dans leurs démarches et d’avoir un accès privilégié à leurs laboratoires. Par contre, je ne dois pas laisser mon enthousiasme aller à l’encontre de mon sens critique.
J’aime aussi le fait d’être constamment en train d’apprendre… c’est comme si j’étais payée pour être à l’école !

À ton avis, quel rôle les journalistes scientifiques jouent-ils dans notre société ?
Comme nous sommes constamment bombardés d’informations, les journalistes scientifiques fournissent aux gens un minimum d’outils et de connaissances pour poser un regard critique sur le monde. C’est plus important que jamais avec toutes les idées fausses véhiculées par les médias sociaux !

Journée type

Une journée dans la vie de Marie-Pier

Selon le projet sur lequel elle travaille, l’horaire de Marie-Pier oscille entre deux extrêmes ! En plein tournage pour une série documentaire, elle se lève aux petites heures du matin et filme jusqu’à épuisement dans des endroits plus spectaculaires les uns que les autres. D’autres journées sont plutôt passées tranquilles à la maison, en tête-à-tête avec son ordinateur ou à passer des coups de fil.

Études

Le parcours académique de Marie-Pier

En 1997, Marie-Pier complète un baccalauréat en communication – profil journalisme, à l’Université du Québec à Montréal. Peu de temps après, elle remporte la bourse Fernand-Séguin, ce qui propulse sa carrière de journaliste scientifique en lui ouvrant d’abord les portes du magazine Québec Science.

Deux voies peuvent te mener à la profession de journaliste scientifique. Tu peux d’abord suivre une formation en science (consulte les autres portraits de professions !), puis t’engager dans l’univers de la communication. Tu peux aussi, à l’inverse, te former en journalisme puis décider de couvrir spécifiquement les sujets qui touchent aux sciences. Chaque approche comporte ses avantages et ses défis, mais dans tous les cas, un certain bagage scientifique et une bonne capacité à communiquer sont essentiels. 

Dans le cas où tu voudrais suivre une formation en communication, plusieurs options s’offrent à toi :

Au cégep :
Technique de communication dans les médias (Cégep de Jonquière)

À l’université :
Baccalauréat spécialisé en journalisme (Université Concordia)
Baccalauréat spécialisé en communication – profil journalisme (UQAM)
Baccalauréat spécialisé en communication publique avec concentration en journalisme (Université Laval)
Baccalauréat spécialisé en sciences de la communication (Université de Montréal)
Baccalauréat spécialisé en communication appliquée (Université de Sherbrooke)
Baccalauréat spécialisé en communication sociale (UQTR)

Il est également possible de combiner une formation en communication avec une formation en science dans certains établissements (Université Concordia, UQO, UQAM, Université de Montréal, Université McGill). La discipline qui occupe la plus grande importance dans le parcours s’appelle alors «majeure», alors que l’autre s’appelle «mineure». Ex. : baccalauréat avec majeure en chimie et mineure en communication. 

Et après :
Le journalisme n’est pas un métier en effervescence puisqu’à notre époque, plusieurs médias traditionnels sont en crise ou perdent en popularité au profit des nouvelles plateformes informatiques. Même si la compétition est féroce pour les postes vacants, il est toujours possible de travailler à son compte en tant que pigiste. Différents organismes comme les  agences de presse, les agences de relations publiques, les firmes de communication, le gouvernement, les grandes entreprises, les magazines, ainsi que les stations de radio ou de télévision sont susceptibles de faire appel aux services d’un journaliste scientifique.

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