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25 juillet 2013
Temps de lecture : 4 minutes

Palmarès des vraies bêtes de sexe!

C’est la jungle en folie! Parmi les animaux, qui sont les plus romantiques, les plus affectueux, les plus déterminés? Notre sélection – pas naturelle – des bêtes les plus hot.


Ambiguë

La hyène
Transgenre avant l’heure?

Avec son rire démoniaque et sa réputation de charognard, la hyène tachetée a toujours été une mal-aimée. Cette chasseuse remarquable tient le mauvais rôle partout, dans les légendes africaines comme dans les films de Disney ou dans Histoire de Pi. Est-ce parce qu’elle transgresse les règles de la biologie? Il faut dire qu’elle fait plutôt dans l’ambiguïté.

D’abord, une fois n’est pas coutume, les mâles sont dominés par les femelles, plus grosses et plus agressives qu’eux. Reste que les deux sexes sont physiquement difficiles à distinguer. Pendant des siècles, on a d’ailleurs cru les hyènes hermaphrodites, car les femelles arborent un long clitoris, semblable au pénis des mâles, et deux grandes lèvres fusionnées qui ressemblent à s’y méprendre à des testicules.

Autre bizarrerie, aussi unique qu’incongrue, c’est par ce clitoris que la femelle copule, urine et met bas (10% d’entre elles meurent  lors de leur première parturition). Pourquoi par cet organe? Probablement à cause des androgènes. Les femelles sont en effet bourrées de ces hormones mâles qui leur confèrent le caractère agressif indispensable à leur survie dans une société très hiérarchisée. Mais lorsqu’une hyène attend des petits, ce fort taux d’androgènes entraîne la masculinisation des organes sexuels des bébés femelles. On s’en doute, l’accouplement est toute une affaire. Le mâle doit en quelque sorte introduire son pénis dans le clitoris de la femelle qui, bien que flasque, pointe vers le bas et vers l’avant. Le pauvre s’accroupit derrière elle et sautille comme il peut, réajustant maintes fois sa position, avant de réussir une pénétration. M.C.

Sex symbol

Le lapin
Mathématiquement, il peut générer 95 milliards de descendants en 7 ans.

Il lui faut trois secondes. Pas une de plus, pas une de moins. Après quoi, il frétille un peu, curieux et nerveux comme toujours, et repart gambader dans les prés. Sa lapine fait de même de son côté. Accro du sexe, Jeannot? Des carottes et des laitues, plutôt! Prolifique? Sa réputation n’est pas démentie par les mathématiques. À l’état sauvage, chaque femelle peut avoir trois ou quatre portées par année, chacune donnant jusqu’à sept lapereaux. Ces derniers ouvriront les yeux 10 jours après leur naissance et quitteront le nid familial la semaine suivante. Pas de Tanguy chez les lapins! S’ils ne se font pas avaler par un épervier, un lynx ou un harfang des neiges, ils atteignent leur maturité sexuelle six mois plus tard.

À ce rythme – une chercheuse de l’université de Miami a fait le compte –, un couple de lapins peut produire 95 milliards de descendants en 7 ans. C’est de la théorie, bien sûr. C’est aussi le baby-boom perpétuel.

Est-ce sa réputation de chaud lapin qui a valu à notre lagomorphe d’avoir été choisi comme symbole d’un empire médiatique? (Playboy pour ne pas le nommer). En fait, il s’agirait d’un quiproquo. Avant de s’appeler «lapin» au Moyen Âge, il portait le joli nom de conin, puis conil, issus du latin cuniculus que les biologistes lui accolent toujours dans la taxonomie – Oryctolagus cuniculus. Et que les éleveurs de lapins, les cuniculteurs, portent encore.

Mais conil, par association érotique, désignait aussi le sexe de la femme. Facile d’imaginer les obscénités que cela pouvait inspirer. Serait-ce pour cela, sous la pression des bien-pensants, que conin aurait cédé sa place à lapin? R.L.

Dépareillée

La pieuvre violacée
Elle est au moins 10 000 fois plus lourde que son mâle!

Pour lui, l’amour est un véritable rapport de force. Gros comme une noisette et pesant un quart de gramme, le mâle de la pieuvre violacée ne perd pas de temps en préliminaires. Une fois qu’il a repéré une femelle, il lui injecte rapidement sa semence grâce à son tentacule copulatoire et disparaît sans demander son reste. Il faut dire que la demoiselle est imposante et a de quoi l’intimider! De 10 000 à 40 000 fois plus lourde que le mâle, et une centaine de fois plus grande, elle peut atteindre 2 m ou 3 m de long. Alors que de nombreux mâles avaient été trouvés morts dans des filets de pêche, des chercheurs ont observé pour la première fois, en 2002, un spécimen vivant, près de la grande barrière de corail australienne. Il semble que le mâle se soit miniaturisé, au cours de l’évolution, pour devenir plus rapidement sexuellement mature et aussi plus compétitif. M.C.

Beauté désespérée

Le furet
Elle peut mourir de son célibat.

Axelle agonise. Elle ne veut plus jouer, plus manger; ses muqueuses buccales sont blanches et desséchées. Qui plus est, sa vulve est enflée. À la clinique externe de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe, la docteure Isabelle Langlois a déjà vu des femelles furets dans cet état. Son diagnostic surprend toujours les propriétaires: leur mignonne petite bête est en manque de sexe.

«La femelle furet non stérilisée cherche désespérément à s’accoupler au moment de ses chaleurs. À défaut de trouver un partenaire, elle peut y laisser sa peau», explique la vétérinaire.

En effet, pour qu’un ovule mature soit expulsé de l’ovaire d’une furette, il doit à tout prix y avoir coït. Chez la femelle qui n’est pas pénétrée, l’ovule continue à croître et l’ovaire, à sécréter des œstrogènes. Avec le temps, le surplus d’hormones s’attaque à la moelle osseuse, cette centrale de production des globules rouges. L’animal tombe alors en anémie.

Heureusement pour les furettes destinées à devenir des animaux de compagnie, elles sont normalement stérilisées à la naissance. À celles qui auraient échappé à cette précaution et qui se lamentent de leur abstinence, on peut donner des hormones qui forcent l’ovulation et soignent la détresse de la jeune beauté. D.F.

Fidèle

L’albatros
Le couple parfait.

Au sein de la majorité des espèces, les mâles cherchent à copuler le plus possible. Le grand albatros, lui, a une vie sexuelle bien rangée.

Les partenaires restent fidèles l’un à l’autre toute leur vie, laquelle peut durer 60 ans. Ainsi, l’observation de 420 couples d’oiseaux pendant 20 ans a démontré que seuls 0,3% d’entre eux «divorcent».

Chaque oiseau parcourt, en solitaire et sans s’arrêter, des milliers de kilomètres en haute mer pour se nourrir. Mais il revient tous les deux ans au même endroit pour retrouver sa moitié et procréer. L’habitude a du bon: à chaque rencontre, la parade nuptiale est raccourcie, l’accouplement plus rapide et le couple est plus fécond. «Si l’un des oiseaux meurt, son veuf ou sa veuve a besoin de plusieurs années pour tisser des liens avec un nouvel amour. Les jeunes oiseaux cherchent un partenaire de leur âge, qui pourra vivre longtemps avec eux, alors que les plus âgés se tournent vers un partenaire expérimenté, comme dans la plupart des cultures humaines», explique Stephen Dobson, du Centre national de la recherche scientifique à Montpellier, en France, et spécialiste de ces voyageurs aux «ailes de géant». M.C.

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