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Les ailes du morpho bleu, un papillon d’Amazonie, ont des propriétés optiques uniques qui peuvent être mises à profit pour la détection de certains cancers.
Si tu aimes les papillons, tu connais probablement le morpho bleu (Morpho menelaus). C’est un grand papillon amazonien dont le dos des ailes est d’un magnifique bleu iridescent. Des scientifiques de Californie viennent de découvrir que ces ailes pourraient aider à détecter certains cancers, de façon simple, rapide et peu coûteuse.
Étonnamment, le bleu des ailes du morpho n’est pas dû à un pigment. La couleur vient de la structure microscopique de ses écailles : des micro- et nanostructures qui manipulent la lumière. Quand la lumière polarisée (un type de lumière très orientée) frappe ces ridules, elle est réfléchie de façon très spécifique et nous apparaît bleue.
Une équipe de l’Université de Californie à San Diego a eu une idée brillante : placer un échantillon de tissu tumoral (issu d’une biopsie) par-dessus un morceau d’aile de morpho, puis l’observer avec un microscope ordinaire sous de la lumière polarisée.
Les fibres de collagène (une protéine très présente dans les tissus fibreux, caractéristiques de certains cancers) interagissent avec cette lumière, mais le signal qu’elles renvoient est normalement très faible. Grâce à l’aile du papillon, ce signal est amplifié : les microstructures de l’aile renforcent la lumière réfléchie.
Grâce à cette technique — que les scientifiques nomment MorE-PoL (pour Morpho-Enhanced Polarized Light Microscopy) — on peut mesurer la densité et l’organisation des fibres de collagène dans le tissu tumoral. L’équipe a même créé un modèle mathématique qui convertit l’intensité de la lumière en information sur la structure du tissu.
La méthode a été testée sur des échantillons de cancer du sein : certains étaient très denses en collagène, d’autres moins, et les résultats correspondaient bien à ce qu’on obtient avec les techniques classiques (comme la coloration chimique des tissus) ou des imageries très coûteuses.
La découverte est prometteuse car elle est économique : pas besoin de machines hyper sophistiquées – juste un microscope ordinaire et un morceau d’aile ! Et elle est réutilisable : un seul morceau d’aile peut servir longtemps, ce qui rend la technique durable.
Si cette approche continue à être développée, elle pourrait révolutionner la façon dont on dépiste non seulement certains cancers, mais peut-être aussi d’autres maladies où la structure du tissu joue un rôle clé.