Enthousiasmées par le succès de ses premières années, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et Victoriaville poursuivent leur partenariat en renouvelant leur Chaire de recherche municipale pour les villes durables.
Utiliser des micro-algues pour filtrer les eaux usées d’une fromagerie, puis récupérer cette eau purifiée pour produire, en hydroponie, des légumes qui seront envoyés en banque alimentaire. Ah! Et aussi transformer ces micro-algues en pâte pour faire des contenants compostables, ou en molécules pharmaceutiques à haute valeur ajoutée.
Trop beau pour être vrai? Non! Cette idée est bel et bien devenue réalité en 2025, dans un parc industriel de Victoriaville. Fruit du travail collaboratif d’une vingtaine de partenaires, « La Serre+ » est une réelle symbiose industrielle, pilotée par la Chaire de recherche municipale de Victoriaville sur les villes durables et portée par la Cité de l’innovation circulaire et durable.
En 2020, l’Organisation des Nations Unies a publié ses 17 objectifs pour changer le monde, parmi lesquels on retrouvait « des villes et municipalités durables ». La visée est noble. Mais, concrètement, comment l’atteindre?

Photo: Cité de l’innovation circulaire et durable
Un dialogue entre la ville et la science
Selon l’équipe administrative de Victoriaville, c’est notamment en facilitant le dialogue entre les « villes et municipalités » et la science. En 2020, elle a ainsi créé, avec l’UQTR, une chaire de recherche qui vise à accompagner les organismes municipaux dans leur développement, en étant respectueux des aspects sociaux, économiques et écologiques – un développement « durable », donc.
Si l’enthousiasme pour des projets comme La Serre+ se fait sentir, plusieurs freins administratifs demeurent. « C’était très complexe de gérer le financement. Cela a mis en lumière le fait qu’on encourage beaucoup les initiatives d’économie circulaire et de développement durable au Québec, mais que les outils de financement et de mise en œuvre ne sont pas du tout adaptés », explique Nicholas Fecteau, coordonnateur de terrain pour la Chaire et professionnel de recherche à l’UQTR.
Par exemple, certains programmes financent soit des entreprises, soit des municipalités. Pour un projet dans lequel ces deux catégories d’acteurs travaillent ensemble, la paperasse administrative est considérablement alourdie.
Le jeu en a toutefois valu la chandelle. En regroupant des partenaires ayant un but commun, de nouvelles synergies ont émergé : certains y ont trouvé preneur pour leurs sous-produits, d’autres se sont carrément prêté du matériel!
« Ça, c’est à l’échelle d’un projet. Mais imaginons qu’on réfléchisse notre territoire selon ce concept-là ! Ce ne sont pas juste des rejets qu’on va valoriser : ce sont des ressources humaines qu’on va mutualiser, des espaces industriels, du matériel, des équipements… c’est aussi ça, l’économie circulaire », soulève Nicholas Fecteau.
Renouvelée pour 2025-2028, la Chaire a pour objectif de répliquer et opérationnaliser La Serre+ ailleurs au Québec.
Elle vise aussi à déployer un conseil scientifique à l’échelle municipale, encore une fois dans le but de favoriser le dialogue entre le milieu municipal et la science.
L’idée, c’est de nommer une seule ressource (individu ou comité) par organisation municipale (MRC, ville, agglomération ou municipalité). Des conseillers ou conseillères scientifiques « en chef » qui connaissent les rouages du milieu scientifique et qui peuvent mobiliser la bonne expertise, selon les besoins de la ville.
Mais il s’agit aussi de faire réaliser aux gestionnaires municipaux qu’il leur est tout à fait possible de formuler des demandes aux universités, sur des enjeux qui les préoccupent – par exemple l’itinérance, parce que les sciences sociales font aussi partie du mandat.
En 2023, Simon Barnabé, professeur à l’UQTR et titulaire de la Chaire, est devenu le premier conseiller scientifique en chef pour une municipalité au Canada. À la Table des conseillères et conseillers scientifiques en chef municipaux, il est désormais entouré d’une vingtaine de collègues qui, comme lui, représentent un canal direct entre science et société.
FÉLICITATIONS À SIMON POUR CETTE DÉMARCHE SCIENTIFIQUE ET ENVIRONNEMENTALE FORT NÉCESSAIRE ET PLEINEMENT JUSTTIFIÉE, LAQUELLE COMMANDE UNE FORTE DOSE D’ÉNERGIE CARACTÉRISÉE PAR LA FORTE PERSONNALITÉ ET LE DYNAMISME DE SIMON QUE JE CONNAIS TÈS BIEN
Dr H-CLAUDE LAVALLÉE ING. RETRAITÉ ET PROFESSEUR-ASSOCIÉ DE L’UQTR