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01 mai 2026
Temps de lecture : 1 minute

Des « radeaux de plantes » pour réduire les GES des sites de traitement des eaux

Photo: Royal Melbourne Institute of Technology University

Des îlots de plantes flottantes pourraient réduire les gaz à effet de serre émis par les bassins des usines de traitement des eaux, en captant les polluants par leurs racines.

Sais-tu ce que devient l’eau de ton bain, de ton lavabo ou de ta toilette quand tu l’évacues ? Après avoir quitté ton domicile, elle est acheminée vers des stations d’épuration, où l’on retire un maximum de ses contaminants avant de la rejeter dans un cours d’eau naturel. Ce processus, essentiel à la protection des écosystèmes, a toutefois un coût environnemental non négligeable. Il consomme beaucoup d’énergie et génère des gaz à effet de serre (GES), notamment du méthane. À l’échelle mondiale, le traitement des eaux usées serait responsable d’environ 1,6 % des émissions de GES.

Heureusement, une équipe de recherche australienne propose une piste inspirée des milieux naturels pour diminuer ces GES. Dans une prépublication récente, les scientifiques décrivent l’efficacité d’îlots artificiels flottants sur des bassins de traitement. Sur ces milieux humides artificiels, les scientifiques ont installé des plantes typiques des zones humides. Leurs racines plongeaient directement dans l’eau usée, où elles interagissaient avec les contaminants.

Pendant deux ans, les scientifiques ont comparé deux sections d’un même bassin : l’une équipée de ces modules végétalisés, l’autre non. Résultat : les émissions de GES ont diminué d’environ 22 % dans la portion végétalisée. La baisse est particulièrement marquée pour le méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est bien supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Ce système repose sur plusieurs mécanismes naturels complémentaires. Les plantes absorbent une partie des nutriments présents dans l’eau, comme l’azote et le phosphore, contribuant ainsi à son épuration. La couverture végétale en surface pourrait aussi limiter la diffusion des gaz vers l’atmosphère. Toutefois, le vrai travail se fait au niveau des racines. Elles servent de support à un biofilm, composé de micro-organismes capables de capter et de transformer certains polluants. Parmi eux, des bactéries méthanotrophes qui se nourrissent du méthane avant qu’il ne s’échappe dans l’atmosphère.

Cette approche offre une solution à la fois relativement simple et peu coûteuse pour réduire l’empreinte carbone du traitement des eaux usées, tout en améliorant l’épuration. La technique semble prometteuse, mais elle doit encore être testée à plus grande échelle avant d’être largement adoptée. La prochaine fois que tu tireras la chasse d’eau, n’oublie pas que derrière ce geste banal se cache un défi environnemental de taille.

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