Photo: Albrecht Fietz @ Pixabay.com
Si tu vis en ville, tu croises probablement des pigeons tous les jours. Et tu penses peut-être qu’ils ne sont pas très malins. Détrompe-toi : leur comportement intrigue sérieusement les scientifiques.
Depuis 1898, les psychologues s’appuient sur une idée simple appelée la « loi de l’effet » : quand un comportement est récompensé, on a tendance à le répéter plus souvent, et surtout, à le répéter toujours de la même façon. En gros, la récompense nous pousserait à adopter une routine bien huilée.
Cette règle a été vérifiée des centaines de fois pour la fréquence des comportements. Mais personne n’avait vraiment testé si elle s’appliquait aussi à leur uniformité. C’est ce qu’a voulu vérifier une équipe de psychologues l’Université de l’Iowa,.
Les scientifiques ont placé des pigeons devant cinq boutons colorés. La règle était simple : peu importe l’ordre, dès que l’oiseau appuyait cinq fois sur un bouton, une friandise apparaissait. Selon la fameuse loi de l’effet, les chercheurs s’attendaient à ce que les pigeons finissent par adopter une routine, par exemple en picorant toujours le bouton le plus proche.
Or, il ne s’est rien passé de tel. Les pigeons ont continué à varier leurs séquences, encore et encore, sans jamais se fixer sur un « bouton préféré » ou un enchaînement fixe. Même après de nombreux essais, ils semblaient préférer improviser plutôt que de se figer dans une habitude.
Les scientifiques pensent que cette préférence pour la variété pourrait être un avantage de l’évolution : en restant imprévisibles, les pigeons seraient mieux armés pour s’adapter à un environnement urbain qui change sans cesse. Un peu comme s’ils gardaient toujours plusieurs options ouvertes, au cas où.
Cette découverte, publiée dans une revue scientifique spécialisée en psychologie animale, ne remet pas en cause toute la loi de l’effet, mais montre qu’elle est plus compliquée qu’on ne le pensait. D’autres chercheurs soulignent que cette étude ouvre surtout de nouvelles questions : que se passe-t-il dans le cerveau des pigeons pour expliquer ce goût du changement ? Et est-ce que d’autres animaux fonctionnent de la même façon ? Et nous ?
La suite au prochain épisode : les chercheurs testent déjà cette hypothèse sur d’autres espèces.