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03 octobre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Orthophoniste

Photo: Vitaly Gariev @ Unsplash.com

On ne s’en rend pas toujours compte, mais parler est une tâche complexe. Les enfants qui apprennent à parler en savent quelque chose. Les gens qui doivent réapprendre à communiquer à la suite d’un accident ou d’une lésion au cerveau aussi. Heureusement, il existe des spécialistes qui aident à corriger les problèmes de langage. Ce sont les orthophonistes. Que ce soit pour traiter des troubles de prononciation, de structure de phrase, de discours ou de vocabulaire, les orthophonistes ont plus d’un tour dans leur sac.
Ces spécialistes travaillent souvent avec des enfants et des jeunes, mais aussi avec des adultes et des personnes âgées. N’importe qui peut avoir besoin d’un ou d’une orthophoniste.

Marie-Aude Mercier, orthophoniste

Après ses études à l’Université de Montréal pour devenir orthophoniste, Marie-Aude Mercier est retournée dans sa région natale, la Beauce. Elle y aide les élèves d’une vingtaine d’écoles primaires depuis 2012.

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Entrevue

Entrevue avec Marie-Aude

Pourquoi avoir choisi l’orthophonie ?
J’ai toujours été intéressée par la santé. J’aime beaucoup le contact avec les enfants, c’est peut-être le résultat de mon ancien métier de monitrice de camp de vacances ! Le petit côté « enquête » de l’orthophonie m’attirait aussi : identifier un problème, puis trouver une façon de le régler. Et finalement, les études en orthophonie ne demandaient qu’un seul cours de physique, matière que je n’aime pas du tout ! 

Qu’est-ce que tu aimes le plus de ton métier ?
Les relations privilégiées que je développe avec les enfants. Voir que je peux aider des jeunes à s’améliorer est quelque chose de merveilleux. Et je n’aide pas seulement les élèves, mais aussi les parents et les professeurs. C’est très valorisant quand tout le monde me dit merci lorsque j’ai réussi à aider un élève à surmonter ses problèmes de langage.

Qu’est-ce que tu aimes le moins ?
La tenue de dossiers ! Il faut souvent faire des rapports sur l’évaluation des élèves, documenter leur progression, etc. C’est du travail que je dois faire seule dans mon bureau et c’est un peu ennuyant. En plus, j’ai des bureaux dans des écoles différentes, mais une seule trousse de matériel. Il faut donc tout transporter : je m’arrache les bras à chaque fois !

Quelles sont les qualités nécessaires à ce métier ?
D’abord, il faut aimer les enfants. Même si tous les orthophonistes ne travaillent pas avec les jeunes, c’est très souvent le cas. Si vous aimez jouer avec eux et leur parler, le métier d’orthophoniste est pour vous ! Il faut être créatif pour inventer des jeux et faire parler les élèves. Avoir le désir d’aider les autres, être très organisé, savoir bien expliquer les choses sont aussi des qualités essentielles. Finalement, la patience est de rigueur : les thérapies ne fonctionnent pas instantanément, mais le découragement n’a pas sa place !  

Est-ce que ton métier t’amène parfois à vivre des situations particulières ?
L’orthophoniste est spécialiste de la parole. Mais il arrive qu’un enfant refuse de me parler ! Impossible alors de faire mon travail. Pour un enfant, troquer un cours d’éducation physique pour une thérapie d’orthophonie, ce n’est pas toujours agréable ! Si un enfant boude, il ne sert à rien de s’entêter. Je continue comme si de rien n’était. Je propose à l’enfant des tâches où il n’a pas à parler. Au bout d’un certain temps, l’enfant se fait prendre au jeu et oublie sa colère. Je commence alors petit à petit à lui poser des questions. Quand je vous dis que l’orthophoniste doit avoir de la patience et de l’imagination…

Journée type

Une journée dans la vie de Marie-Aude

Yannick bégaie. Jusqu’à maintenant, ça ne l’avait pas trop dérangé, mais maintenant qu’il a 16 ans, ce n’est plus la même histoire. Il cherche un emploi et ce n’est pas facile, sans compter son attirance pour Fannie… qu’il n’ose pas approcher, justement à cause de son bégaiement.

Ce matin, Marie-Aude lui demande de lui raconter le film qu’il est allé voir la veille. Elle en profite pour évaluer les progrès depuis la rencontre du mois dernier et lui demander de travailler sur des aspects de sa prononciation.

Lors de la rencontre d’une heure, ils font une ou deux autres activités pour améliorer la prononciation de Yannick. Marie-Aude travaille avec lui autant aux niveaux moteur, que sociologique et psychologique. Développer un lien de confiance avec son patient est très important : elle écoute ses peurs, s’intéresse à sa vie, à sa relation avec ses parents… et elle en profite pour écouter sa parole et sa façon de communiquer. Grâce à son travail, l’estime de soi de Yannick remonte tout doucement.

Fourmi ou sourmi, serpent ou ferpent, pour la petite Élodie, c’est du pareil au même ! Elle a de la difficulté à prononcer les sons « f » et « s ». Ce matin, Élodie visite Marie-Aude à son bureau. L’orthophoniste prend d’abord quelques minutes pour bavarder avec la petite. Elle veut créer des liens et la mettre à l’aise. Mais mine de rien, Marie-Aude porte attention à la façon dont Élodie s’exprime. Elle sort ensuite un jeu de « Kerplunk » : des billes sont retenues en l’air par des baguettes qui se croisent en un inextricable fouillis. Le but du jeu : retirer une baguette sans faire tomber les billes. Mais avant de tenter sa chance, Élodie doit identifier une image que Marie-Aude lui présente. « Une fouris! », s’exclame Élodie lorsque Marie-Aude lui présente un dessin de souris. Marie-Aude sort alors un dessin de nuage avec du vent qui souffle. « Le vent fait fffffffffffffffffff , le serpent fait sssssssssssssssss comme ssssssouris». « Un bon truc est d’associer le son à une image ou à une sensation, explique Marie-Aude. Je peux même faire un massage à l’enfant pour l’aider à retenir un son particulier ». Après s’être exercée, Élodie peut finalement retirer une baguette, et le jeu continue.

Puis c’est le tour de Nicolas. « Qu’as-tu fait en fin de semaine ? », demande Marie-Aude. « Il est allé se baigner à la piscine », répond Nicolas. L’enfant remplace tous les « je » par des « il ». Marie-Aude opte alors pour un jeu de serpents et échelles, où Nicolas devra expliquer chacun de ses mouvements. « JE lance les dés. J’ai un cinq. JE bouge de cinq cases ».

Quatre personnes viendront voir Marie-Aude au cours de la journée, chacune avec son problème bien particulier.

Études

Le parcours universitaire pour devenir orthophoniste

Au cégep
DEC en sciences de la nature (sciences de la santé et de la vie): 2 ans 

À l’université
Baccalauréat en orthophonie : 3 ans.
Maîtrise en orthophonie : 1 an.
NB : À l’Université Laval, la maîtrise dure plutôt 2 ans et s’effectue après un baccalauréat dans un autre domaine. 

Et après?
Les orthophonistes travaillent dans les écoles, les hôpitaux, les centres de santés ou de réadaptation. Ces spécialistes peuvent aussi ouvrir un cabinet privé et y recevoir des patients. Certaines personnes prennent plutôt la voie de la recherche scientifique, afin de trouver de nouvelles stratégies pour pratiquer le métier.

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