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Environnement

Des centaines d’additifs inconnus dans les plastiques

18-09-2019

Photo: Yulia Khlebnikova/Unsplash

Les pots de yogourt, les bouteilles de shampoing et autres emballages de plastique contiennent une grande quantité de composés chimiques potentiellement toxiques, selon une étude européenne. Mais impossible pour le consommateur d’obtenir ces informations.

De nombreux additifs sont ajoutés dans les plastiques pour améliorer les propriétés du produit final (résistance, couleur, flexibilité, par exemple). D’autres molécules, comme des impuretés ou des produits de dégradation, peuvent aussi s’y trouver.

Un groupe de scientifiques nommé PlastX, de l’Institut de recherche socio-écologique à Francfort, s’est penché sur le cas de 34 objets de consommation courante, dont plusieurs emballages en contact avec de la nourriture. Ils les ont plongés dans un solvant pour extraire l’ensemble des substances susceptibles de migrer hors des plastiques.

Au total, ils ont dénombré 1411 composés chimiques différents dans ces 34 produits. Du lot, seuls 260 d’entre eux ont été reconnus par les chercheurs, qui soulignent que 80 % des substances chimiques décelées sont inconnues.

Ils ont ensuite mis ces différents cocktails en contact avec des cellules et des microorganismes pour tester leurs effets.

Comme les concentrations utilisées sur les cellules et les microorganismes ne sont pas du tout représentatives de celles auxquelles les consommateurs sont exposés, les résultats relatifs à la toxicité sont à prendre avec des pincettes. Cela étant, la plupart des cocktails (74%) ont entraîné des effets négatifs in vitro: toxicité, perturbation de la réponse hormonale, stress oxydatif (agression des constituants de la cellule). Ces résultats ont été publiés dans la revue Environmental Science and Technology.

« Notre étude montre que c’est impossible pour les consommateurs de savoir quel plastique contient des substances toxiques, a expliqué Lisa Zimmermann, par courriel. C’est frustrant, mais à tout le moins, on a remarqué que certains types de plastique sont mieux que les autres: le PET et le HDPE (soit les plastiques marqués 1 et 2). Et les consommateurs devraient éviter les autres, particulièrement le PVC (3) et le plastique mélangé (7). En général, on recommande de minimiser les emballages de plastique en achetant de la nourriture non emballée. Cela réduira l’exposition aux produits chimiques, en plus d’être bénéfique pour l’environnement. »

Les chercheurs affirment que des réglementations s’imposent. « D’abord, des régulations pourraient exiger plus de transparence de la part des producteurs, pour qu’ils rendent disponible l’information concernant la composition de leurs plastiques. Deuxièmement, elles pourraient obliger les producteurs à s’assurer de l’innocuité de leurs produits par exemple en testant la toxicité chimique globale. Ces deux approches favoriseraient la création de plastiques contenant moins de composés chimiques et plus sécuritaires », a souligné la chercheuse.

Le flou entourant la composition des plastiques a été soulevé dans plusieurs rapports, dont celui sur la pollution plastique présenté par Éco-Entreprises Québec, en mai dernier, au Comité permanent de l’environnement et du développement durable du Canada. Il y est noté que « de nombreux facteurs inconnus subsistent quant à la composition des plastiques et des divers composants que l’on retrouve dans les contenants, les emballages et les imprimés (étiquettes, adhésifs, colorants, etc.). Le manque de transparence et d’information entrave le recyclage optimal des plastiques. »

Un rapport récent du International Chemical Secretariat stipule d’ailleurs que le mystère autour des additifs est un frein majeur pour parvenir à une économie circulaire des plastiques. L’organisation non gouvernementale suédoise cite l’exemple de grandes compagnies qui souhaitent simplifier leurs produits pour faciliter leur recyclage.

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