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Environnement

Changements climatiques: la Baie-James brûlera-t-elle?

28-06-2018

Photo collage: Sopfeu

Chaque année, dans le monde, les feux réduisent en cendres plus de 400 millions d’hectares de forêt. Le Québec n’y échappe pas. La Baie-James serait la région la plus à risque. 

Sur la route du village cri de Waskaganish, petite communauté autochtone située sur les rives de la baie James, Gordon* (il préfère taire son nom de famille) fait de l’auto-stop pour rentrer chez lui. Plus tôt, le Cri est allé se renseigner à propos d’un feu de forêt mineur qui a éclaté à 20 km du village, en ce jour de juillet 2017.

Il est inquiet. Les incendies sont plus nombreux dans la région. Si certains sont attribuables à l’humain – comme ce fut le cas pour ce petit feu causé par une cigarette – il est persuadé que d’autres forces sont à l’œuvre. « C’est la faute aux changements climatiques », affirme-t-il sans détour.

Gordon n’est pas un scientifique; il travaille le bois. Mais ici, près de la rivière Rupert, tout le monde a bien remarqué que les choses ont changé depuis 40 ans. Le paysage de la route de la Baie-James porte encore les meurtrissures du feu de forêt de 2013, le plus important de l’histoire du Québec, qui avait embrasé 350 000 hectares, soit environ 3 fois la superficie du lac Saint-Jean.

En fait, les experts donnent raison à Gordon. « Le nombre de feux a doublé au Canada depuis les années 1970. Deux millions d’hectares ont brûlé dans les cinq dernières années, c’est du jamais vu », précise Mike Flannigan, sommité canadienne en pyrologie forestière, qui étudie le sujet depuis 35 ans à l’université d’Alberta.

La Baie-James n’est pas la seule région à risque. On se souviendra de l’incendie de Fort McMurray qui, en mai 2016, après des mois de sécheresse, avait forcé l’évacuation de 100 000 personnes. Plus récemment, en 2017, la Colombie-Britannique a vécu une année record, avec plus de 900 000 hectares réduits en cendres par plus de 200 brasiers simultanés.

Ce type de scénario risque, hélas, de devenir de plus en plus fréquent. Selon les modèles, on estime que l’activité des feux dans la forêt boréale pourrait augmenter de 30% à 500% dans les prochaines décennies !

Dans cette équation, le nord-ouest du Québec, et plus précisément la Baie-James, est le territoire le plus vulnérable de la province. On y observe déjà l’un des régimes de feux les plus actifs de l’Amérique du Nord, que ce soit en termes de superficies brûlées ou de taux de feux annuels (2,4 % du territoire s’enflamme chaque année), comme l’atteste une étude publiée en 2014 dans le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences par des chercheurs du Centre d’études nordiques de Rimouski.

De leur côté, Mike Flannigan et son équipe évaluent que, d’ici la fin du siècle, les jours de propagation de feux de forêt pourraient se multiplier par deux et même par trois dans l’est du Canada, des résultats diffusés en 2017 dans la revue Environmental Research Letters.

LISEZ LA SUITE DE CE REPORTAGE DANS LE NUMÉRO JUILLET-AOÛT.   

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