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23-08-2018

Pour mieux exploiter les produits de la mer, des entreprises et des chercheurs travaillent main dans la main. Et tout le monde y gagne.

Aux Îles-de-la-Madeleine, les pêcheurs savent que la saison du homard dure neuf semaines. Mais la date exacte de la mise à l’eau des casiers, au début du mois de mai, dépend de plusieurs facteurs, comme la présence de glace. À la demande de l’industrie, des chercheurs de Merinov, l’un des trois centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) du Cégep de la Gaspésie et des Îles, tentent de créer un outil capable de cibler la meilleure fenêtre de pêche.

« Nous faisons des sorties “avant-saison” en mer pour recueillir des données », explique Nicolas Toupoint, chercheur industriel chez Merinov, qui est tombé amoureux des Îles dès qu’il y a mis les pieds en 2007 après avoir quitté la France pour réaliser un doctorat en océanographie biologique à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Alors que le réchauffement de l’eau fait sortir le homard de sa léthargie hivernale, les chercheurs suivent de près l’évolution de la température de la mer. Ils étudient aussi le taux de protéines dans le crustacé et le développement des œufs.

Ce projet de recherche est financé par le fonds d’innovation créé en décembre 2017 par Merinov et le Regroupement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des îles (RPPCI). Une première dans l’industrie de la pêche commerciale au Québec.

« Ce financement de l’industrie sert de levier auprès d’autres bailleurs de fonds pour démarrer des projets de plus grande envergure, affirme Nicolas Toupoint. Et nous rendons nos données accessibles à tous. »

De plus, l’industrie n’a pas attendu une crise avant d’agir. « Le homard va très bien aux Îles, contrairement à la côte est américaine, où la population de crustacés a migré vers le nord en raison du réchauffement climatique, précise-t-il. Mais, il peut toujours surgir des problèmes. L’apport de nouvelles connaissances aide à prendre des décisions éclairées pour bien gérer et protéger la ressource. »

Nicolas Toupoint, chercheur industriel chez Merinov. Photo: Merinov

Mécaniser l’algoculture

Merinov, le plus grand centre intégré de recherche appliquée dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture, de la transformation et de la valorisation des produits aquatiques au Canada, a aussi parmi ses points de service Grande-Rivière, en Gaspésie. On y trouve Tamara Provencher, chargée de projet et grande amatrice de pêche depuis qu’elle est enfant. Détentrice d’une maîtrise en océanographie à l’UQAR, elle travaille notamment sur la mécanisation de la culture de la laminaire sucrée, une espèce d’algue brune comestible.

« L’industrie cherche des technologies qui la feront gagner en efficacité, car le temps passé en mer est coûteux », explique-t-elle.

Avec Jean Brousseau, titulaire de la Chaire CRSNG-UQAR en génie de la conception, et ses étudiants, Merinov travaille à mettre au point une enrouleuse pour le transfert de plantules en mer. Ces travaux avancent bien, mais les choses se corsent quand vient le temps de faire la moisson.

« Nous avons créé plusieurs prototypes de récolteuse, mais nous devons constamment retourner à la table à dessin, précise Tamara Provencher. Il faut toutefois persévérer, car ces machines auront un grand impact sur la marge de profit de l’industrie. »

Une meilleure rentabilité qui permettra aux entreprises de faire rayonner davantage les produits fins à base de laminaire sucrée, tels que le pesto et la relish, à la grandeur du Québec.

La production de ce reportage a été rendue possible grâce au soutien de Merinov et du Réseau Trans-tech.

Photo en ouverture: Tamara Provencher, chargée de projet chez Merinov. Photo: Alex Gely

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