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Environnement

Hausse du niveau des mers: 2 mètres d’ici 2100

07-06-2018

Photo: Climate Central

La hausse du niveau des mers pourrait affecter des millions de personnes à travers le monde d’ici 2100. Le Québec ne sera pas épargné.

Lors d’une conférence web réunissant des experts en climatologie, Michael Oppenheimer, chercheur américain à l’université Princeton, mentionne qu’avec le réchauffement climatique, «la fonte de la calotte glaciaire est l’une des causes les plus importantes de la montée des eaux du globe».

La situation actuelle n’est guère encourageante selon lui. Dans la majorité des villes côtières, il n’y a pas de structure en place pour faire face aux inondations ni aux tempêtes. «C’est une bataille que nous sommes présentement en train de perdre», s’inquiète-t-il.

D’ici 2100, une hausse du niveau des mers estimée à 2 mètres est prévue. Elle affectera 153 millions de personnes, selon une étude publiée en 2017 dans Earth Future. Les pays qui risquent d’être les plus touchés sont majoritairement en Asie.

L’organisme Climate Central propose une carte interactive en ligne pour voir l’effet d’une éventuelle hausse du niveau des océans sur les villes. Avec une montée de 8 mètres du niveau de l’eau, une partie du secteur de Rivière-des-Prairies, à l’est de Montréal, et des villes de Charlemagne et Verchères se retrouveraient sous l’eau. Les villes cernant le lac Saint-Pierre seraient encore plus fortement touchées, selon cette modélisation, tout comme la ville de Québec (Vieux-Québec, Saint-Roch et Limoilou).

Ces projections sont basées sur les connaissances acquises au cours des deux dernières décennies, notamment grâce aux données satellites et radar, qui ont permis d’aboutir à des modèles climatologiques plus précis. Les scientifiques le constatent, les glaces aux pôles fondent à un rythme qui va en s’accélérant.

Selon un article publié en 2016 dans Geoscientific Model Development, si la glace emprisonnée dans les deux pôles fondait complètement, elle augmenterait le niveau des océans de 7 à 57 mètres.

Ben Strauss, scientifique et responsable de Climate Central, souligne que depuis le siècle dernier, le niveau s’est élevé de 15 cm. «Il y a une évidence géologique que les glaces au Groenland et en Antarctique sont très sensibles à la hausse des températures. Cela reste un défi de déterminer leur comportement avec les données actuelles», dit-il. Par exemple, les scientifiques ne connaissent pas ce qui se passe sous ces immenses continents de glace, où il est impossible de savoir la quantité d’eau qui va rejoindre l’océan.

Étudier le passé pour mieux prédire l’avenir
La Terre a déjà connu des périodes plus chaudes dans le passé, il y a de cela 116 000 ans (How will the seas rise?). C’est ainsi que les chercheurs ont déterminé que la calotte glaciaire était très susceptible de perdre une grande quantité de glace et que ce phénomène est associé à une élévation du niveau des eaux. À cette époque très lointaine, le niveau de la mer était de «6 à 9 mètres plus haut» qu’actuellement.

«La planète est en train de vivre un scénario qui est déjà survenu avec la montée du niveau de la mer. Mais en ce moment, ce sont les deux pôles qui se réchauffent alors que dans le passé, ce n’était qu’un seul pôle», souligne Andrea Dutton, géochimiste et sédimentologiste à l’université de Floride.

 

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