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Environnement

La production alimentaire, un désastre pour la planète

31-05-2018

Nourrir plus de 7,6 milliards de personnes est lourd de conséquences sur la planète. Une méta-analyse, effectuée récemment par deux chercheurs de l’université d’Oxford et Agroscope (un institut de recherche en Suisse), en démontre les effets dévastateurs.

Pour ce faire, les chercheurs ont créé une base de données comprenant 1 530 études qui regroupent 38 700 fermes industrielles, 1 600 entreprises de transformation et de détaillants alimentaires qui produisent une quarantaine de denrées à travers le monde. L’équipe a regardé plus attentivement cinq indicateurs : la surface des terres consacrées à l’agriculture, le prélèvement d’eau douce en lien avec la rareté de la ressource, les émissions de gaz à effet de serre, l’acidification et l’eutrophisation.

Les chercheurs ont remarqué des différences significatives entre fournisseurs d’une même denrée, par exemple, le bœuf. Les plus gros pollueurs causent une forte pression environnementale en engendrant «l’équivalent de 105 kg de CO2 et utilisent 370 m2 de terres pour 100 grammes de protéines, soit de 12 à 50 fois plus que les producteurs de bœuf à faible impact».

On pourrait penser que l’aquaculture est moins polluante, mais selon les données recueillies, sa production «peut émettre plus de méthane et créer plus de gaz à effet de serre que les vaches par kilogrammes de poids».

Impact environnemental de différents produits. Image: Université d’Oxford.

Pistes de solution
Les chercheurs estiment qu’à travers le monde, il y a 570 millions de fermes qui sont responsables de «la dégradation des écosystèmes, l’épuisement des ressources et de l’eau et l’exacerbation des changements climatiques».

Mais que peut-on faire pour diminuer le poids environnemental de notre alimentation? L’étude propose quelques pistes de solution. Par exemple, mettre en place de meilleures pratiques de production et se servir des nouvelles technologies pour limiter l’impact environnemental et maximiser le rendement.

En tant que consommateur, on peut réduire les émissions de gaz à effet de serre en changeant son régime alimentaire et en modérant son apport de viande. Devant les étalages, il s’avère toutefois difficile de distinguer un produit fort polluant d’un autre qui l’est moins. «Deux choses qui se ressemblent dans les magasins peuvent avoir des impacts très différents sur la planète, mais nous ne le savons pas actuellement lorsque nous faisons des choix alimentaires», convient Joseph Poore, un des auteurs de l’étude. «Un étiquetage pour identifier les produits plus écologiques et des incitations financières pourraient soutenir une consommation plus durable, tout en créant une boucle positive : les agriculteurs devraient surveiller leurs impacts, favoriser une meilleure prise de décision et communiquer ces impacts aux fournisseurs en encourageant un meilleur approvisionnement».

Photo: Pixabay

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