Illustration: Andrea Cheung
Il est invisible, se cache partout et a beaucoup à dire… L’ADN environnemental transforme notre façon d’observer la biodiversité.
Que trouve-t-on dans une petite bouffée d’air ? Des gaz bien sûr, des polluants immanquablement, des virus parfois… mais aussi la trace de centaines d’espèces animales, végétales et microbiennes qui vivent à proximité ! C’est ce qu’a montré une équipe internationale, au Royaume-Uni, en prélevant des échantillons d’air ambiant dans 19 stations habituellement utilisées pour mesurer la pollution atmosphérique.
Les scientifiques y ont détecté l’ADN de plus de 1100 espèces, y compris des espèces vulnérables et envahissantes, présentes dans un rayon d’à peu près 20 km autour de chaque capteur. L’une des stations a même détecté de l’ADN de poissons vendus dans un marché situé à environ 1 km !
Publiée en juin 2025 dans le journal Nature , cette étude cosignée par la chercheuse Melania Cristescu, de l’Université McGill, rapporte le premier inventaire de biodiversité réalisé grâce à l’ADN « environnemental » aérien.
Mais il n’y a pas que dans l’air qu’on trouve de l’ADN environnemental, ou ADNe. Chaque goutte de cours d’eau, chaque poignée de terre, chaque boule de neige contient des molécules d’ADN qui en disent long sur la biodiversité locale.