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Environnement

Neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air pollué

08-05-2018

Photo: Alex Gindin (Unsplah)

Le constat est alarmant : 9 personnes sur 10 dans le monde respirent un air, intérieur comme extérieur, pollué, selon un nouveau rapport de l’OMS. Qui est le plus à risque ?

En se fondant sur des mesures de la qualité de l’air de plus de 4300 villes, réparties dans 108 pays, l’OMS conclut que, comme souvent, les régions les plus touchées sont les plus pauvres. Les pays d’Asie du Sud-Est (Inde, Cambodge, Laos, Vietnam, Thaïlande…) et de l’Est (Chine, Mongolie…) comptent à eux seuls plus de 4 millions de décès. Cela rejoint des chiffres publiés en 2017, selon lesquels la pollution est responsable de 16% des décès dans le monde.

La pollution de l’air a un impact majeur sur la santé cardiovasculaire et respiratoire de la population mondiale. Par exemple, plus de la moitié des pneumonies mortelles chez les enfants de moins de 5 ans sont dues à l’inhalation d’un air pollué à l’intérieur de leur habitat. « L’OMS reconnaît que la pollution de l’air est un facteur de risque critique pour les maladies non transmissibles causant, selon les estimations, 24% des décès d’adultes imputables à des cardiopathies, 25% des décès imputables aux accidents vasculaires cérébraux, 43% des décès imputables à la bronchopneumopathie chronique obstructive et 29% des décès imputables au cancer du poumon », peut-on lire dans le communiqué.

Alors que plus de 90% de la population mondiale respire quotidiennement un air pollué, les plus forts taux de pollution ont été mesurés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est, où les moyennes annuelles dépassent souvent plus de 5 fois les limites fixées par l’OMS.

Les principales sources de pollution de l’air extérieur sont les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, des transports ainsi que la gestion des déchets et l’énergie dégagée par les ménages. À l’intérieur des habitations, c’est la fumée domestique qui est le principal danger. Pour cuisiner et se chauffer, environ 3 milliards de personnes dans le monde utilisent des combustibles, comme le bois ou le charbon, dans des foyers souvent ouverts. Les femmes et les enfants sont les plus exposés à ce risque.

Même si les chiffres sur la pollution de l’air n’ont pas diminué depuis le dernier rapport en 2016, l’OMS souligne que 1000 villes de plus se sont inscrites aux mesures de qualité de l’air. Elle propose aussi une série d’actions à mettre en place pour diminuer cette pollution. L’OMS suggère par exemple de réduire l’incinération des déchets agricoles et les incendies de forêts, de construire des villes plus vertes et de donner l’accès à des combustibles propres pour la cuisine et le chauffage.

L’agence organise la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé à l’automne prochain (du 30 octobre au 1er novembre 2018) en vue d’améliorer la santé générale.

 

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