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Environnement

Saint-Laurent: quelles côtes seraient touchées par une marée noire?

25-10-2019

Photo: Shutterstock

Une nouvelle étude confirme que l’ouest des îles de la Madeleine serait quatre fois plus à risque d’être atteint par une marée noire que les côtes de la Gaspésie.

Il y a près de 50 ans, la barge pétrolière Irving Whale faisait naufrage et souillait de mazout les plages des îles de la Madeleine. Ce désastre écologique a marqué la mémoire des Madelinots qui, depuis, appréhendent un autre déversement d’hydrocarbures. Une nouvelle étude confirme leurs craintes : l’ouest de l’archipel serait quatre fois plus à risque d’être atteint par une marée noire que les côtes de la Gaspésie, et ce, que l’accident se produise dans l’estuaire ou dans le golfe du Saint-Laurent.

Cette donnée est tirée d’une simulation numérique de la dérive d’hydrocarbures créée par des chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne et de l’Université du Québec à Rimouski. « C’est l’aboutissement de 20 ans d’expertise », souligne Denis Lefaivre, spécialiste en océanographie physique à Pêches et Océans Canada et premier auteur de l’étude dévoilée à la réunion de l’Union géodésique et géophysique internationale tenue en juillet dernier à Montréal.

Son équipe a bâti un modèle qui programmait de « faux » déversements partout dans l’estuaire et le golfe, et pas uniquement dans les chenaux de navigation − là où l’on présume à tort que surviennent la plupart des fuites d’hydrocarbures. « Les navires qui sont en train de couler ou de brûler cherchent à atteindre le port le plus proche, explique Denis Lefaivre. Ainsi, les déversements surviennent souvent en chemin vers le rivage. »

Pour bien calculer le parcours des hydrocarbures, les chercheurs sont revenus dans le temps. Ils ont utilisé des données enregistrées entre 2001 et 2010 : les débits d’eau douce, les marées, les vents de surface, la pression atmosphérique, les précipitations, etc. Puis, ils ont simulé de faux accidents toutes les trois heures pour cette décennie, des mois d’avril à décembre.

Les hydrocarbures virtuels étaient suivis à la trace pendant huit jours, une période après laquelle ils descendent dans la colonne d’eau. Les scientifiques ont découvert que seulement 6 % des particules d’hydrocarbures s’échappaient du golfe par les détroits de Cabot ou de Belle Isle. Un peu plus de la moitié sont demeurées dans le golfe, ce qui mettrait en péril les écosystèmes de la surface aux fonds marins si un réel déversement se produisait. Enfin, 41 % des particules se sont virtuellement échouées sur un rivage.

Ces tendances étaient constantes d’une année à l’autre. Si les îles de la Madeleine étaient les plus touchées, d’autres zones se révèlent vulnérables : l’île d’Anticosti, l’Île-du-Prince-Édouard, l’île du Cap-Breton, la rive nord de la Gaspésie et la côte ouest de Terre-Neuve. « En connaissant les régions à haut risque, on pourra mieux planifier la récupération du pétrole et protéger les côtes en amont », espère Denis Lefaivre.

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