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Espace

David Saint-Jacques, bientôt de retour sur Terre

20-06-2019

Photo: NASA

L’astronaute termine bientôt son séjour de 6 mois en orbite. Retour sur cette aventure spatiale.

Atterrissage forcé de Soyouz

Le lancement raté de la capsule Soyouz le 11 octobre 2018 devance le départ de David Saint-Jacques, qui était planifié initialement le 23 décembre. Il embarque donc plus tôt que prévu, le 3 décembre, en compagnie des astronautes Anne McClain (États-Unis) et Oleg Kononenko (Russie). «À cause de cet incident, en début de mission, il y avait seulement trois astronautes à bord de la Station spatiale internationale [NDLR: alors qu’ils auraient dû être cinq]», explique Isabelle Tremblay, chef du bureau des astronautes à l’Agence spatiale canadienne. «Cela mettait beaucoup de pression sur l’équipage, mais les astronautes ont été extraordinaires et ont réussi à accomplir non seulement toutes les tâches opérationnelles, mais aussi à faire de la science», souligne-t-elle pendant une entrevue téléphonique.

Sans compter que le corps doit s’habituer à cet environnement hors normes. En effet, comme le racontait l’astronaute canadien pendant une conférence de presse le 19 juin, il a fallu plusieurs semaines d’adaptation. «En absence de gravité, notre cerveau ne comprend pas ce qui se passe. On se sent désorienté et nauséeux. C’est un grand défi de devenir fonctionnel à bord alors que l’on a des tâches à effectuer dès le premier jour.»

La sortie dans l’espace

S’il y a bien une chose qui faisait rêver David Saint-Jacques en tant qu’astronaute, c’était de réaliser une sortie dans l’espace, ce qu’il a accompli le 8 avril dernier. Lui et Anne McClain ont effectué différentes réparations et mises à niveau sur la Station pendant cette escapade qui a duré 6 h 30.

«Il était très heureux après cette sortie extra-véhiculaire. C’est un jalon très important de sa mission où il avait le sentiment d’avoir accompli son travail d’astronaute», raconte Isabelle Tremblay au sujet de cette marche spatiale qui s’est déroulée sans anicroche.

À quoi ressemblera son retour sur Terre?

Ces quelques jours avant son départ sont fort occupés. «Il y a un mélange d’activités normales de la Station et d’expériences scientifiques tout en préparant nos bagages pour le retour», dit David Saint-Jacques. Il étudie aussi toutes les procédures entourant son retour sur Terre, car il agira à titre de copilote de Soyouz.

Après son arrivée au Kazakhstan, David Saint-Jacques sera pris en charge par le médecin de l’Agence spatiale canadienne. Peu de temps après, ils s’envoleront en direction de la NASA, à Houston, aux États-Unis, où il retrouvera sa famille. «J’ai hâte de prendre ma femme et mes enfants dans mes bras», confiait-il pendant la conférence de presse.

Natalie Hirsch, chargée de projet pour le volet sport et nutrition des astronautes à l’Agence spatiale canadienne, soulignait lors d’une précédente entrevue que le retour sur Terre est très difficile physiquement pour les astronautes. «Cela prend au moins une semaine avant qu’ils commencent à se sentir stables. Même debout sur un pied, cela représente un défi», explique-t-elle. Le conditionnement physique débute donc tout en douceur, avec des exercices d’équilibre et de coordination. On mise sur des exercices qui visent à retrouver la force mais aussi augmenter à nouveau la densité osseuse qui a diminué pendant le séjour. Pour une mission de longue durée, il faut compter environ 6 mois pour récupérer complètement et jusqu’à 1 an pour regagner la densité osseuse.

Ce qui manquera peut-être le plus à David Saint-Jacques sera de ne plus pouvoir admirer de haut la beauté impressionnante de la planète. Mais il partira le 24 juin sans regret, avec le sentiment du devoir accompli.

> À lire aussi: David Saint-Jacques, le chemin qui mène aux étoiles

Photo: Agence spatiale canadienne/NASA

Autres moments de la mission

19 avril : capture du vaisseau-cargo Cygnus par le Canadarm2. Aux commandes : Anne McClain, assistée par David Saint-Jacques. Le vaisseau contient notamment le bioanalyseur et un maillot intelligent que l’astronaute mettra en place pendant son séjour.
6 mai : David Saint-Jacques est aux commandes de Canadarm2 pour attraper le vaisseau-cargo Dragon de Space X.
24 juin : retour sur Terre de l’équipage. David Saint-Jacques aura passé 204 jours en orbite.

ASC/NASA

Le bioanalyseur et les bulles

Le bioanalyseur est une expérience qui tenait à cœur à David Saint-Jacques. Cette petite machine pourra analyser avec seulement quelques gouttes des échantillons de sang et d’urine. Arrivé en avril dernier, le bioanalyseur est présentement en mise en service. «C’est un grand défi de mettre en orbite cette technologie. On apprend beaucoup sur le fonctionnement de l’instrument dans ces conditions», indique Isabelle Tremblay. Par exemple, l’équipe chargée de ce projet a remarqué que des bulles d’air se forment dans un liquide restent emprisonnées dans celui-ci en microgravité. «Sur Terre, l’air remonte à la surface d’un liquide et les bulles finissent par disparaître. Mais en microgravité, les bulles restent à l’intérieur du liquide et ne montent pas à la surface. Il faut apprendre à gérer ce genre de différence dans la manipulation des échantillons en microgravité».

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