Image colorée au microscope électronique montrant des particules du virus Ebola (en vert) à partir d’une cellule rénale (en bleu) d’un singe vert africain. Image: BernbaumJG/Wikimedia Commons
L’éclosion de nombreux cas d’Ebola dus au virus Bundibugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC) ne répond toutefois pas aux critères d’une pandémie, selon l’OMS.
Avec plus de 130 décès et plus de 600 cas présumés, l’épidémie, déclarée le 15 mai en RDC, a démarré de façon fulgurante et continue de se propager rapidement. Une personne ayant voyagé en Afrique de l’Est est actuellement hospitalisée en Ontario dans l’attente de résultats de tests. L’OMS, ainsi que les autorités locales de l’Ouganda et de la RDC craignent que le nombre de cas réels soit bien plus élevé que ce qui est comptabilisé.
Et pour cause : les premiers malades ont été à tort confondus avec des cas de paludisme. De plus, les tests initialement utilisés pour le diagnostic n’étaient pas adaptés à la souche Bundibugyo, celle qui est responsable de l’actuelle épidémie et qui est plus rare que la souche Zaïre. La transmission a probablement débuté il y a plus de deux mois, ce qui explique la rapidité de la propagation.
À ce jour, on connaît six espèces d’Ebolavirus dont quatre qui causent des maladies chez l’humain : Zaïre, Soudan, Forêt de Taï et Bundibugyo. Elles sont nommées selon les lieux où elles ont sévi. Depuis peu, on sait que les chauves-souris constituent un réservoir naturel du virus.
Ce retard dans la jugulation initiale de l’épidémie est inhabituel. L’Ouganda est pourtant rodé à ce type de crise et est parvenu plusieurs fois à interrompre rapidement les chaînes de transmission, comme nous le décrivions ici. Le sous-financement des systèmes de santé publique et les conflits armés en RDC compliquent aussi la riposte.
La souche Bundibugyo a un taux de létalité entre 30 et 50%. Il n’y a ni vaccin ni traitement contre cette souche du virus (alors qu’il existe un vaccin efficace contre la souche Zaïre. Cette souche a notamment causé l’épidémie dévastatrice en Afrique de l’Ouest, entre 2014 et 2016).
Selon l’OMS, les doses du vaccin expérimental le plus prometteur contre la souche Bundibugyo ne seront pas disponibles avant 6 à 9 mois. Un essai clinique, comprenant deux traitements expérimentaux, sera bientôt lancé.
La République démocratique du Congo a été confrontée à 17 épisodes d’Ebola depuis 1976.