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Espace

Découverte de 3 planètes potentiellement habitables

22-02-2017

Trois planètes orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 pourraient potentiellement abriter de la vie. 

La NASA a annoncé la découverte d’un système solaire composé de sept planètes de tailles similaires à celle de la Terre, dont trois sont positionnées dans la zone habitable de leur étoile, c’est-à-dire la zone ni trop chaude ni trop froide pour permettre l’éclosion de la vie. Elles portent les noms de TRAPPIST-1e, TRAPPIST-1f et TRAPPIST-1g.

Ces exoplanètes tournent autour d’une étoile naine ultra-froide (très petite, 12% du rayon solaire) et se trouvent à 40 années-lumière de nous, ce qui est assez proche pour pouvoir bien les observer.

C’est la première fois qu’on identifie un système comprenant autant de planètes de taille similaire à la Terre. Il avait déjà été décrit dans la revue Nature en mai 2016, lorsqu’il a été repéré dans le cadre du projet TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, petit télescope dédié aux planètes en transit et aux planétésimaux), dirigé par une équipe belge. Mais à l’époque, seules trois planètes avaient été repérées. Le télescope spatial Spitzer a fait le reste du travail.

TRAPPIST-1 apparaît cette fois sur la page couverture de la revue Nature.

Avec la découverte de ce système, on réalise que  « trouver une seconde Terre n’est plus une question de si, mais une question de quand », a déclaré Thomas Zurbuchen, de la NASA. La planète Terre nous semble tout à coup moins unique, quoi!

Inutile de préciser que tous les télescopes, spatiaux et terrestres, ont rivé leur lentille sur TRAPPIST-1.

Il reste encore à confirmer que ce sont bien des planètes rocheuses, mais les estimations de leur densité le suggèrent. Il faudra également vérifier si la température à leur surface est propice à la vie. Les spécialistes devront aussi établir si de l’eau s’y trouve.

On sait néanmoins que leurs atmosphères ne sont pas dominées par l’hélium et l’hydrogène, ce qui aurait exclu la possibilité que de la vie y réside, a indiqué Nikole Lewis, astronome au Space Telescope Science Institute de Baltimore.

​Ces exoplanètes sont très rapprochées les unes des autres, si bien qu’elles seraient visibles dans le ciel de chacune d’elles, comme le suggère l’illustration au haut de cet article (TRAPPIST-1f). « La vue serait magnifique », a assuré lors de la conférence de presse Michaël Gillion, qui était l’auteur du premier article ayant identifié trois planètes de TRAPPIST-1.

Voici une vidéo en anglais conçue par la NASA:

Près de 5000 exoplanètes ont été identifiées ou sont en attente de validation à ce jour. La majorité d’entre elles ont été découvertes au cours des dernières années (1284 en 2016, par exemple), notamment par le télescope Kepler.

Pour qu’une planète puisse abriter de la vie, «il faut que la température à la surface de la planète, ou dans certaines de ses régions, se situe entre 0 °C et 100 °C pour permettre à l’eau d’exister sous forme liquide, au moins pendant certaines pério­des», nous expliquait Denis Laurin, scientifique de programme à l’Agence spatiale canadienne (ASC), dans un reportage sur le sujet.

Voici une vue en 360 degrés de ce à quoi pourrait ressembler TRAPPIST-1d:

Comment détecte-t-on les exoplanètes?

Les techniques habituellement utilisées pour détecter les planètes extrasolaires ne permettent que de déduire leur existence. La plus utilisée d’entre elles, la mesure
de la vitesse radiale
, consiste à repérer les perturbations du mouvement de l’étoile dues au passage d’une planète à proximité. « Contrairement à ce qu’on croit souvent, les étoiles ne sont pas tout à fait immobiles, précisait David Lafrenière, de l’Université de Montréal, dans un reportage en 2012. Tout comme l’étoile exerce une force d’attraction sur la planète qui gravite autour d’elle, cette dernière produit une force sur l’étoile, qui lui fait faire un petit mouvement de va-et-vient que l’on peut déceler ».

Autre technique : la méthode du transit, c’est-à-dire l’observation de la planète lorsqu’elle passe devant son étoile, dans l’axe de la Terre lors de son orbite. Le transit de la planète n’est pas observable directement : ce qui est visible, en revanche, c’est la légère baisse de luminosité de l’étoile due au passage de la planète.

Plus rarement, certaines exoplanètes font l’objet d’une observation directe, comme nous l’expliquions ici.

Comment étudier une planète à la recherche de vie?

Pour tenter de savoir si une planète abrite des formes de vie, les chercheurs utilisent la spectroscopie. En effet, en traversant l’atmosphère, la lumière émise par l’étoile est modifiée par les différents éléments chimiques qu’elle rencontre. En décomposant cette lumière (ou le rayonnement infrarouge) par spectroscopie, on peut par exemple savoir si l’atmosphère en question contient de l’eau ou du méthane.

«Quand une planète “transite”, la lumière de l’étoile passe à travers l’atmosphère de la planète; elle est donc filtrée, nous expliquait Nicolas Cowan, professeur adjoint au département de physique et au département des sciences de la Terre et des planètes de l’Université McGill. On peut voir l’empreinte de certaines molécules: le méthane, le dioxyde de carbone, l’eau – n’importe quel gaz qui cause l’effet de serre sur la Terre, en fait. Si on trouve une combinaison de gaz étrange, ce pourrait être un signe de vie.»

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