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Espace

Une équipe sème le doute quant à la détection des ondes gravitationnelles

07-11-2018

Une représentation de la propagation des ondes gravitationnelles résultant de la rencontre de deux trous noirs. Image: Nasa

Des chercheurs danois affirment déceler des failles dans l’expérience internationale ayant mené à la première détection de déformations de l’espace-temps.

Un article du magazine New Scientist rapporte les propos de cette équipe qui remet en doute l’annonce historique de 2016.

L’équipe internationale derrière le Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory (LIGO) indiquait alors avoir capté le signal résultant de la fusion entre deux trous noirs, survenue il y a 1,3 milliard d’années. Cet événement intense a causé des ondulations dans l’espace-temps, comme une roche lancée dans l’eau engendre des vaguelettes.

Depuis, six autres événements ont été détectés par le LIGO, aidé à partir d’août 2017 par l’équipe internationale du Virgo, un détecteur basé en Italie.

Des chercheurs du Niels Bohr Institute de Copenhague spécialisé dans le traitement du signal ont fait plusieurs analyses depuis 2016 à partir des données rendues publiques par le LIGO. Ils affirment que la preuve n’est pas satisfaisante quant à la nature du signal, qui pourrait n’être que du « bruit ».

Malgré des échanges avec les membres du LIGO, ils persistent à critiquer l’interprétation des résultats. Et le LIGO, de son côté, assure que c’est l’équipe danoise qui erre.

Pour faire la part des choses, nous avons cogné à la porte de Daryl Haggard, de l’Institut spatial de McGill.

Photo: Annie Labrecque

Cette chercheuse a été impliquée dans la dernière détection d’ondes gravitationnelles, des « vagues » qui résultaient de la rencontre de deux étoiles à neutrons. Ou plutôt, elle a participé à l’observation de ce même événement dans le domaine des ondes électromagnétiques (EM), avec des collègues utilisant les données de quelque 70 observatoires.

En plus des ondes gravitationnelles, la collision des étoiles à neutrons a provoqué des sursauts de rayons gamma. Il s’agissait de la première observation couplée.

La professeure Haggard travaille donc avec les chercheurs du LIGO-Virgo depuis plusieurs années. «Je suis sans cesse impressionnée par le soin incroyable qu’ils apportent dans l’analyse des données. Toutes les découvertes du LIGO-Virgo et toutes les découvertes EM qui les accompagnent forment une vérification solide de ce que les détecteurs d’ondes gravitationnelles peuvent faire. »

Puisque Le LIGO-Virgo n’a pas identifié d’erreur au terme des discussions avec l’équipe du Niels Bohr Institute, elle évalue que l’article du New Scientist «est davantage une quête d’attention médiatique qu’une critique sérieuse des découvertes extraordinaires réalisée par la collaboration LIGO-Virgo ».

Une histoire à suivre.

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