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Espace

Les premières images captées par Solar Orbiter

16-07-2020

Image: Solar Orbiter/EUI Team/ ESA & NASA; CSL, IAS, MPS, PMOD/WRC, ROB, UCL/MSSL

Lancée en février dernier, la sonde Solar Orbiter est en route vers le Soleil. Voici ses premières images captées après ces quelques mois de voyage.
 
Fruit de la collaboration entre les agences spatiales européenne (ESA) et américaine (NASA), Solar Orbiter a eu une première opportunité d’observation, à 77 millions de kilomètres du Soleil. En conférence de presse, le scientifique Daniel Müeller, de l’Agence spatiale européenne, déclare que l’on n’a jamais été aussi proche de notre étoile avec une caméra. «L’atmosphère nous empêche d’avoir ce type d’image avec nos instruments sur Terre. Nous devions aller dans l’espace pour obtenir cette perspective», raconte-t-il.

On voit sur cette image les «feux de camp», ces mini éruptions solaires. Image: Solar Orbiter/EUI Team (ESA & NASA); CSL, IAS, MPS, PMOD/WRC, ROB, UCL/MSSL

Ces images inédites, dévoilées le 16 juillet, vont au-delà de ce que les scientifiques espéraient : on peut voir à la surface du Soleil des mini éruptions solaires qu’ils ont surnommées des «feux de camp».

Ces phénomènes n’avaient jamais été observés auparavant. Ils pourraient aider à comprendre un mystère qui taraude les scientifiques: la couche externe du Soleil – la couronne – atteint des températures extrêmes de 1 million °C alors que plus près de la surface, les températures se situent aux alentours de 5 500 °C.

Ces premiers clichés sont encourageants, car la sonde continuera de s’approcher encore plus de l’astre, atteignant le maximum en mars 2022 alors qu’elle sera à 42 millions de kilomètres.

Les astrophysiciens de l’ESA et de la NASA sont impatients d’obtenir des données sur ce qui se passe aux pôles, des régions qui ne sont pas visibles de la Terre. Grâce à la sonde Solar Orbiter, les scientifiques espèrent aussi pouvoir mieux prédire les éruptions solaires, qui peuvent perturber les réseaux de télécommunications sur Terre.

Selon Holly R. Gilbert, scientifique pour cette mission à la NASA, en tirant avantage des données provenant de la mission Solar Orbiter et celle de la sonde Parker, lancée en 2018, il sera possible de mieux comprendre comment le plasma évolue au fil du temps.

Un déploiement réussi malgré la pandémie

Si la poursuite d’une mission est en temps normal difficile et stressant, la pandémie semble avoir donné quelques soucis supplémentaires aux équipes de l’ESA et de la NASA, ont soufflé les chercheurs pendant la conférence de presse. «Les restrictions de voyage nous ont obligés à travailler différemment. Mais ce qui a été le plus compliqué, c’est de n’avoir que deux ingénieurs en même temps sur place. Tout le reste devait être accompli à distance», souligne José Luis Pellón Bailón, scientifique à l’ESA. Malgré tout, les scientifiques ont relevé le défi avec succès.

Voici ce que les instruments à bord de la sonde ont pu capter entre le 30 mai et le 21 juin 2020. Solar Orbiter était alors à mi-chemin entre la Terre et le Soleil. 

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