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Espace

Repérer les petits astéroïdes au voisinage de la Terre

04-07-2018

Les scientifiques développent des outils pour suivre à la trace les astéroïdes de petite taille, difficiles à observer.

Il y a 66 millions d’années, un astéroïde d’une dizaine de kilomètres de diamètre percutait la Terre, provoquant l’extinction massive d’espèces animales, incluant les dinosaures. Heureusement, les probabilités qu’un autre astéroïde de cette taille frappe à nouveau la planète sont extrêmement minces. Les scientifiques, eux, sont beaucoup plus préoccupés par les astéroïdes ou autres objets géocroiseurs de plus petite taille (Near Earth Object en anglais). C’était d’ailleurs le sujet d’une conférence réunissant des astronomes et astrophysiciens à Munich, en juin 2018.

Selon Detlef Koschny, co-directeur du segment Objets géocroiseurs de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a participé à cette conférence, «90% des astéroïdes de plus d’un kilomètre sont cartographiés». Ce n’est cependant pas le cas pour les objets célestes de moins d’un kilomètre de large, dont seulement 1% ont une trajectoire connue.

Mais pas d’inquiétude. Pour les surveiller, plusieurs télescopes et instruments appartenant aux différentes agences spatiales montent la garde en scrutant constamment le ciel. L’Agence spatiale canadienne (ASC) possède elle aussi sa sentinelle de l’espace.

«Il y a deux façons d’observer les astéroïdes qui s’approchent de la Terre: les télescopes au sol et ceux dans l’espace. L'observation à partir du sol est effectuée par le Conseil national de recherches Canada. De notre côté, à l’Agence spatiale, nous avons lancé le satellite NEOSSat [NDLR : en 2013] pour observer les astéroïdes», explique Michel Doyon, gestionnaire des opérations de vol à l’ASC. «Il y a un an, NEOSSat a pu filmer l’astéroïde 2012 TC4, qui est passé «proche» de la Terre, à 38 000 km de distance», ajoute-t-il.

Les scientifiques ont donc vu venir de loin cet astéroïde, long d’une dizaine de mètres, et ont jugé que sa trajectoire était sans danger pour la planète. «Plusieurs télescopes et instruments établissent le parcours des astéroïdes pour savoir s’ils viennent près de la Terre ou pas. On peut prédire cette trajectoire jusqu’à plusieurs mois à l'avance si on possède les bonnes mesures», explique Michel Doyon.

NEOSSat a l'avantage de pouvoir repérer les astéroïdes de moins de 20 mètres, qui sont difficilement détectables par d'autres instruments. Comme ils ne sont pas assez brillants, on ne les voit généralement pas avant qu'ils arrivent aux alentours de la Lune, d’après Detlef Koschny. Ce fut le cas du météore Tcheliabinsk qui a explosé dans le ciel de la Russie en 2003 sans avoir été détecté. Pour améliorer la surveillance de ces petits objets célestes, d’autres télescopes sont développés pour couvrir le ciel en tout temps, dont ATLAS (par l'université d’Hawaï et la NASA), un système de détection composé de huit télescopes qui a commencé ses observations en 2015.

La Terre est donc entre bonnes mains – ou du moins sous bonne garde! – contre les astéroïdes.
 

Des débris spatiaux autour de la Terre

Pour le Canada, NEOSSat ne fait pas que surveiller les astéroïdes. Il fournit aussi des données sur les objets qui orbitent autour de la Terre comme les satellites et les débris spatiaux. Mais c’est surtout le satellite militaire canadien Sapphire qui a l’œil sur ces débris.

«Le Canada, avec Sapphire, contribue à ce qu'on appelle le Space Surveillance Network. NEOSSat a commencé à le faire également, mais pas encore de façon formelle ou opérationnelle», indique Michel Doyon.

Tout là-haut, autour de la Terre, c’est la congestion! «Il y a de plus en plus de débris spatiaux. Dans la dernière année, 400 satellites ont été lancés dans l’espace, s’ajoutant aux 1200 déjà présents. C’est une augmentation significative», dit Michel Doyon. Les risques de collision étant plus élevés, le Joint Space Operations Center (JSpOC), un système de contrôle américain, traque ces débris et fournit les données sur des collisions potentielles entre deux objets. L’ASC reçoit ainsi des alertes, s’il y a lieu, pour une soixantaine de satellites. «Un logiciel prend ces données de JSpOC et calcule précisément la probabilité de collision. On évalue les risques et s’ils sont importants, on effectue des manœuvres de déplacement. En général, on obtient cette information 72 heures à l’avance».

Image: Mosaïque de quatre photographies de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko prises par la sonde Rosetta en septembre 2014. ESA

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